Chocolatine (1/3)

Chocolatine (1/3)

De fines gouttes de pluie commençaient à tomber. Le soleil avait laissé place aux nuages et on pouvait déjà entendre le grondement de la foudre au loin. Le vent, de plus en plus violent, faisait danser les arbres sur un rythme peu commun. Dans la rue, une vague de parapluie avait fait son apparition. Il y en avait pour tous les goûts : des clairs, des foncés, des rayés, avec motifs, etc. On pouvait noter sur certains d’entre eux, des petites phrases humoristiques telles que « Après la pluie vient le beau temps ». Les enfants s’amusaient à sauter à pieds joints dans les flaques avec pour but de faire la plus grosse éclaboussure possible. Le quartier se vidait au fur et à mesure que la pluie s’intensifiait, et bientôt plus l’ombre d’une personne dans les rues.

Bus n°96 – Arrêt de la coccinelle. En retard. Ralph avait l’habitude d’attendre. Il connaissait cet arrêt de bus par cœur et savait pertinemment qu’être à l’heure n’était pas la spécialité du chauffeur. Mais cela lui importait peu. Il aimait prendre le temps de regarder autour de lui, d’observer les passants déambuler. Son passe-temps favori était de s’imaginer la vie de tous ces gens. Il s’était pris d’affection pour une jeune femme qui avait l’habitude de s’arrêter tous les matins pour acheter une chocolatine à la boulangerie. Du lundi au vendredi, à exactement huit heures du matin, elle était là. Difficile de la manquer, avec ses longues jambes fines et gracieuses, digne d’une marathonienne. Mais ce qui retenait le plus l’attention de Ralph, c’était son sourire lorsqu’elle sortait de là, une chocolatine à la main. Elle rendait jalouses toutes ces filles que l’on peut voir dans les publicités pour dentifrices. Elle dévorait la viennoiserie de ses yeux bruns en amande. Sa longue chevelure noire faisait contraste avec sa peau aussi blanche que de la neige. Il ne manquait plus que les sept nains. Il ne connaissait pas le nom de cette fille, mais il avait pris l’habitude de l’appeler « Chocolatine ». Ralph manquait d’imagination. Perdu dans ses pensées, il ne s’était pas rendu compte que le bus venait d’arriver, et que le chauffeur le regardait droit dans les yeux, impatient.

« C’est du très bon travail Ralph, comme toujours ! » Le directeur ne manquait jamais de complimenter Ralph. Il faut dire que ce dernier était très minutieux dans son travail. Il avait été embauché dans l’une des banques les plus prestigieuses du pays, et tout le monde était content de lui. En deux ans et demi, il n’était jamais arrivé en retard. Cela montrait bien à quel point Ralph adorait son travail. Il prenait toujours soin de nettoyer les locaux comme s’il s’agissait de sa propre maison. À la fin de son service, le sol était aussi resplendissant que les joyaux de la couronne. Content de lui, Ralph rangea le matériel de nettoyage dans le placard prévu à cet effet avant de partir se changer. En ce premier jour d’automne, il avait prévu le coup : un long manteau bleu marine, une écharpe blanche en soie et des chaussures adaptées à la pluie. La pluie. C’était ça qu’il avait oublié ce matin.

Le trajet séparant la banque de l’arrêt de bus semblait interminable tandis que de grosses gouttes d’eau venaient percuter Ralph à intervalle constant. En moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, il était déjà trempé de la tête aux pieds. Plus jamais il n’oubliera son parapluie. Il arriva finalement à destination après plusieurs minutes de course effrénée. La pluie continuait de s’abattre sur le sol avec une violence digne d’un match de boxe de Mohamed Ali. En voyant le bus s’approcher, Ralph ne put s’empêcher de penser à ce qu’il mangera ce soir. Et pourquoi pas une soupe ? Il adorait boire quelque chose de chaud lorsqu’il pleuvait. Ce contraste de température le remplissait d’une extrême satisfaction. Il ne lui manquait plus qu’une baguette de pain pour pouvoir faire des croûtons, gage d’une soupe réussie. Heureusement, il y avait toujours la boulangerie à côté de chez lui et il savait qu’elle était ouverte jusqu’à très tard.

La pluie s’était arrêtée. Comme pour s’excuser d’avoir trempé Ralph tout à l’heure. Ce dernier descendit du bus et attendit que celui-ci redémarre pour traverser la route. Il s’imaginait déjà, un pain à la main, grignotant le quignon sur le chemin du retour. Il s’était donc décidé : ce soir, ce sera soupe de légumes ! Tout sourire, il s’approcha de la porte de la boulangerie. Mais avant qu’il n’eût le temps de l’ouvrir, un écriteau attira son attention.

FERMETURE DÉFINITIVE

« Oh non c’est pas vrai ! » C’est exactement ce que Ralph pensait à ce moment-là. Pas de croûtons pour sa soupe. Cependant, ce n’était pas lui qui avait prononcé ses mots. « Excusez-moi ? » Non, ce n’était définitivement pas Ralph. La voix venait de derrière lui. Il se retourna pour découvrir ce mystérieux interlocuteur. « Vous savez où je pourrais trouver la boulangerie la plus proche ? » Il n’avait pas reconnu sa voix. Mais il la connaissait. Chocolatine.

Suite

Pablo Picasso

Pablo Picasso

Quand j’étais au lycée, je détestais la géométrie. Les angles, les droites parallèles, les sphères et tout autre notion barbante me donnait envie de poursuivre une carrière littéraire. Il y a cependant une forme géométrique qui me plaît beaucoup : le cube. Attention, je ne parle pas de celui qu’on vous fait étudier en cours de mathématiques. Le mien est un peu plus coloré que ça. Et il est aussi conçu d’une manière bien précise, avec neuf petits carrés sur chaque face. Vous avez deviné ? Je parle bien évidemment du Rubik’s Cube.

Peu importe votre âge, vous connaissez surement ce casse-tête qui a donné du fil à retordre à beaucoup de personnes. Le principe est simple : bougez le cube jusqu’à ce que toutes les faces aient une couleur unie. Un jeu d’enfant au premier coup d’œil mais un véritable puzzle lorsqu’on s’y penche dessus. Savez-vous qu’il y a presque 43 trillions de combinaisons possible ? Mais alors comment faut-il faire pour pouvoir résoudre ce cube venu des enfers ? Il existe différentes techniques de résolution permettant d’accélérer le processus. Celle que j’utilise est une des plus simples et intuitives. Il s’agit de la résolution couche par couche. Il faut d’abord résoudre une première face, puis la deuxième couronne (la ligne du milieu) et enfin la face du bas. Avec cette méthode, j’ai pu descendre jusqu’à un temps de résolution d’une minute et vingt secondes. Cela vous paraît rapide ? Détrompez-vous. Comme toute activité, il existe des compétitions basées sur la vitesse. Et à votre avis, quel est le record actuel pour résoudre un Rubik’s Cube ?

Toujours plus vite

Si vous êtes un lecteur normal, le temps que vous finissiez de lire cette phrase, le champion du monde a déjà terminé son Rubik’s Cube. 4,737 secondes. Impressionnant n’est-ce pas ? Peut-être avez-vous envie de vous y mettre vous aussi et, qui sait, devenir un jour le meilleur cubeur du monde ! Mais j’ai comme l’impression que vous n’êtes pas convaincu. Il est vrai qu’un tel challenge peut faire peur et il nécessite surement de s’y mettre pendant des heures avant de pouvoir y arriver. Ne vous inquiétez pas, on peut très bien apprendre à faire un Rubik’s Cube très rapidement. C’est d’ailleurs ce qu’a voulu montrer Mike Boyd. Si vous ne le connaissez pas, il s’agit d’un youtubeur qui a pour objectif d’apprendre un nouveau talent le plus rapidement possible. Je vous invite d’ailleurs à aller faire un tour sur sa chaîne si vous voulez en savoir plus. Dans cette vidéo il s’attaque à ce casse-tête qu’il réussit à résoudre en 22 minutes pour la toute première fois. Il nous montre ensuite les étapes afin de descendre sous la barre des deux minutes.

Si la forme ou la couleur du cube ne vous plaît pas, il existe de nombreuses variations toute plus folles les unes que les autres. Ma préférée est le Rubik’s Cube Mirror. Vous n’avez aucune couleur pour vous aider car ce qui change c’est la forme des pièces comme vous pouvez le voir sur la photo suivante. Et une fois déformé, le cube a une allure des plus étranges.

Art moderne VS art contemporain

Enfin si vous souhaitez vous entraîner mais que vous n’avez pas encore de Rubik’s Cube, vous pouvez essayer directement sur votre navigateur dans cette version web (merci Google !).

Venez comme vous êtes ! (3/3)

Venez comme vous êtes ! (3/3)

Nous voici de retour pour un autre article sur mes mésaventures au McDonald’s ! Vous êtes ici à la troisième et dernière partie. N’hésitez pas à revoir la première et deuxième partie pour vous rafraîchir la mémoire.

Dans cette dernière partie, je vais vous décrire les différents postes que l’on peut exercer en étant équipier. Car même si vous êtes spécialisé en cuisine ou au comptoir, il y a des tâches communes que tout le monde peut faire.

  • Le Lobby / SAT

C’est l’un des premiers postes que vous allez tenir lorsque vous débutez. Cela n’a vraiment rien de sorcier, vous êtes en salle et vous devez vous occuper de la propreté. Astiquer les tables, passer le balai, nettoyer les toilettes et changer les poubelles seront vos tâches récurrentes à effectuer en boucle. En soi c’est un exercice assez simple mais très répétitif. Il faut aussi ne pas avoir peur de se salir les mains. Lorsqu’il y a peu d’équipiers, vous êtes aussi chargés d’apporter les plateaux aux clients (service à table). Là aussi rien de bien compliqué, vous prenez le plateau, regardez le numéro du ticket et partez à la recherche du client. C’est assez amusant si on le tourne comme un jeu : il faut voir ça comme une aventure où le client représente le trésor. Un Happy-Meal sur le plateau ? On peut donc se concentrer à chercher des familles. Une salade à la place des frites ? Très probablement une demoiselle qui fait attention à sa ligne (conseil : ne pas aller au McDonald’s si on veut faire attention à sa ligne).

Antoine Delia balayeur
Le lobby c’est toute ma vie
  • La plonge

Surement le poste que je déteste le plus. Le soir, tous les ustensiles sont envoyés derrière pour être nettoyés avant d’être replacés pour le lendemain. On dispose d’une machine à laver et d’un jet d’eau pressurisé qui envoie de l’eau chaude pour repasser sur ce qui ne passe pas dans la machine. Facile me direz-vous, c’est comme faire la vaisselle. Laissez-moi vous présenter la plonge sous un autre angle. La plupart des ustensiles sont envoyés tard, environ une heure avant la fermeture définitive du restaurant. Et cela représente un bon nombre de choses à laver. Il faut donc bien veiller à remplir au maximum la machine avant de la lancer. J’ai beau avoir de très bons scores sur Tetris, je n’arrive jamais à caler autant de choses que mes coéquipiers. Vous vous rappelez du jet d’eau chaude dont je vous ai parlé plus haut ? Et bien sachez qu’il n’envoie pas de l’eau tiède, ni chaude mais de l’eau brûlante et que vous n’avez pas de gants pour vous protéger. Tout le monde s’est soi-disant habitué aux brûlures. Il m’est arrivé de devoir attendre que l’eau refroidisse avant de poursuivre le lavage tellement mes doigts hurlaient de douleur. Encore une perte de temps. Ah et je porte aussi des lunettes ce qui fait qu’avec la buée je ne vois souvent pas grand-chose. Bref vous l’avez compris je déteste ce poste. Vraiment. Je le hais. Plus jamais.

Antoine Delia plonge
Nage droit devant toi
  • Le comptoir

Parlons enfin des choses intéressantes. Avant d’approfondir cette partie, sachez que dans notre restaurant nous avons des bornes automatiques qui permettent aux clients de choisir sa commande directement au lieu de passer par une caisse. Cela fait gagner du temps à tout le monde croyez-moi. Le client peut alors régler par carte en borne ou par espèces à une caisse. Maintenant que vous savez ça, laissez-moi vous présenter les différents rôles lorsque vous êtes au comptoir.

  • La caisse

Ouverte uniquement le midi, c’est ici que nous prenons manuellement la commande des clients. On l’utilise très peu, sauf quand il y a peu de monde. Vous devez alors écouter le client et taper son menu et ensuite l’encaisser avant de finalement monter sa commande.

  • Le multi-paiement

Viennent ici les gens ayant commandé en bornes mais souhaitant régler par espèces ou ticket restaurant. Il faut juste les encaisser avant de monter leur commande. Comme vous le voyez on vient d’économiser une étape.

  • Le delivery

C’est ici que nous préparons les commandes des clients qui ont payé en bornes. Plus besoin de les encaisser, nous pouvons directement commencer la commande.

Comme vous le voyez, il y a différents postes au comptoir qui, au final, sont plus ou moins similaires. En fonction du monde, vous êtes soit seul, soit deux pour préparer une commande, l’un s’occupant de préparer le froid (boissons, desserts…) et l’autre le chaud (sandwichs, frites). Il faut aussi faire attention aux retours des clients : un sandwich trop froid, des frites pas assez salées, une glace à récupérer…

Antoine Delia comptoir
McDonald’s un jour, McDonald’s toujours
  • Les frites

Le poste qui est selon certains le plus dur à gérer tant il faut être rapide et précis. Votre seule mission : préparer des frites et des potatoes. Il faut d’abord plonger des panières dans une cuve afin de les cuire. Ensuite on les sort et on les met dans un endroit spécial les tenant au chaud. Il faut ensuite les mettre dans des sachets, soit petits, soit moyens, soit grands. Cela paraît simple à vue d’œil mais il faut toujours prévoir un stock suffisant car les frites partent très, très, TRÈS vite. Et en sachant qu’il faut trois minutes à une panière pour cuire les frites, il faut toujours prévoir à l’avance. Dernière remarque, il fait chaud. Vous êtes constamment près des cuves pour chauffer les frites et vous ne manquerez pas de prendre un coup de soleil sous peu.

Antoine Delia frites
J’ai la frite
  • Le drive

Nous finissons en beauté avec mon poste préféré. Vous êtes équipé d’un casque où vous pouvez parler avec les deux lignes du drive (pas en même temps bien sûr). Dès qu’une voiture arrive, vous entendez un bip vous indiquant qu’il y a un client. Il faut alors prendre sa commande. Petit anecdote : nous avons des caméras qui filment votre tête lorsque vous passez commande et nous vous voyons. Alors attention à la tête que vous faites ! Ensuite il faut inviter le client à passer au prochain guichet pour l’encaisser et enfin au dernier guichet pour qu’il puisse retirer sa commande. Je tiens à le préciser car il m’est arrivé de voir des gens payer et partir sans leur commande. Je ne saurais pas dire pourquoi j’aime ce poste. Entre les clients qui demandent des commandes à rallonge, le bruit du micro qui rend la voix des personnes inaudibles et le bruit permanent des bips dans le casque, on pourrait trouver cela énervant. Mais bizarrement cela ne me gêne pas. Je pense que cela rend la tâche moins répétitive et banale, ce qui est la hantise de tout travailleur McDonald’s.

Antoine Delia drive
Même le Drive de Ryan Gosling n’est pas aussi bon

Vous connaissez maintenant tous les postes que j’ai exercés pendant mon travail au McDonald’s. J’ai également pu me familiariser un peu avec le McCafé en faisant un expresso et un ristretto. Je suis aussi allé en cuisine afin de cuisiner mon propre Big-Mac ! Je suis content de pouvoir dire que j’ai fait autant de choses.

Le samedi 10 juin 2017 était mon dernier jour de travail. Après ces trois mois de McDonald’s, j’ai pu travailler avec des co-équipiers très sympathiques et avec qui j’ai bien rigolé. J’ai pu découvrir les coulisses d’un fast-food et acquérir à la fois une expérience personnelle et professionnelle. Au final je n’en tire que du positif, et il n’est pas exclu que je revienne travailler ici dans un futur proche… En attendant, je retourne de l’autre côté du comptoir pour redevenir un simple client !