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Catégorie : Récit

I have a dream (6/8)

I have a dream (6/8)

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La neige s’était arrêtée de tomber.

Marie observait la rue du haut de son appartement. Elle logeait dans un immeuble de près de huit étages et habitait tout en haut. Elle l’avait choisi car elle adorait prendre de la hauteur pour contempler le paysage. Lors de sa première journée en tant que propriétaire, elle avait passé des heures à regarder au-dehors et à s’émerveiller sur la beauté du paysage. Quand elle était plus jeune et qu’elle n’était pas le moulin à paroles d’aujourd’hui, elle adorait se perdre dans la nature avec un carnet et un crayon et dessiner tout ce qu’elle trouvait beau. Cela pouvait allait d’un animal mignon comme le chat des voisins de ses parents à quelque chose de totalement banal comme une simple boîte aux lettres. Il n’y avait pas de règles dans ce qu’elle dessinait sauf un point crucial : elle devait trouver cela beau.

Mais aujourd’hui, même après avoir cherché tant bien que mal à travers la vitre de son appartement quelque chose de plaisant à regarder, tout lui semblait fade et sans vie. Même le vieil homme qui venait de glisser sur une plaque de verglas pour retomber sur les fesses ne l’avait pas fait rire. C’était d’autant plus hilarant que sa compagne riait à gorge déployée à côté de lui et ne l’aidait même pas à se relever. On pouvait entendre le vieux monsieur se plaindre et crier à sa femme que ce n’était absolument pas drôle. La Marie d’autrefois aurait surement pouffé de rire devant un tel spectacle et aurait même ouvert la fenêtre pour rigoler de bon cœur avec la conjointe du pauvre homme. Mais en ce moment, rien ne pouvait la faire rire, elle qui avait pourtant toujours un sourire sur les lèvres. Elle était même d’humeur triste comme en témoignaient ses yeux rouges marqués par la fatigue et les pleurs.

La sonnette de sa porte retentit et la fit sursauter. Elle reprit ses esprits et se dirigea dans la direction de la porte. Elle posa sa main sur les clés qui étaient restées sur la serrure depuis plusieurs jours. Au moment de tourner son poignet vers la droite et de la déverrouiller, elle se stoppa net. Son cerveau fonctionnait à trois mille à l’heure et elle n’arrêtait pas de réfléchir. Elle se posait toujours dix millions de questions, constamment à réfléchir sur ce qu’elle devait faire. Cela était en partie dû à son manque de sommeil qui la rendait constamment nerveuse. Et encore là, alors qu’elle allait ouvrir la porte, elle se demandait si c’était la meilleure marche à suivre. Son regard se perdait sur cette poignée. Elle resta encore quelques secondes immobile et décida finalement d’ouvrir la porte pour tomber nez à nez devant Sam.


« Hey Thomas ! Alors on répond pas au téléphone ? Je voulais faire un bowling ce soir avec toi et en profiter pour te présenter une nana du boulot, je suis sûr qu’elle te plairait ! Bref, rappelle-moi dès que tu peux, bye. »

Au fond de lui, Sam espérait vraiment que Thomas décroche pour qu’ils puissent passer une soirée ensemble, s’éclater à faire des strikes et éventuellement changer les idées de Thomas en lui faisant rencontrer d’autres personnes. Il n’avait rien contre Marie, loin de là. Il l’avait déjà rencontré plusieurs fois et vu comment elle se comportait quand Thomas était là, elle l’aimait, ça ne faisait aucun doute. Mais elle lui avait aussi brisé le cœur ce fameux vendredi, et pour ça, Sam lui en voulait énormément. Elle avait fait de son meilleur ami un zombie sans aucun désir ni motivation. Même lui n’arrivait plus à le faire rire malgré ses tentatives que certains pourraient appeler artistiques.

Son téléphone n’avait pas vibré. Aucun message de Thomas. Sam commença à avoir peur que son ami fasse une énorme bêtise. Même si Thomas n’était pas du genre suicidaire, personne ne sait ce qu’une rupture amoureuse peut vous provoquer. Et vu l’amour qu’il portait à Marie, cela le laissait encore plus anxieux. Ses pensées furent vite dissipées par une vibration venant de sa poche. Il dégaina son téléphone plus vite que son ombre en espérant voir le nom de son meilleur ami affiché en gros sur l’écran lumineux. Malheureusement, la personne responsable de cet espoir était Sabrina, la collègue de Sam, qui devait les rejoindre pour le bowling de ce soir. Sam laissa échapper un soupir mêlant déception et regret. Bien qu’il avait dit à Thomas que cette fille pouvait lui plaire, il en pensait son exact contraire et détestait cette prétentieuse et arrogante femme qui lui servait de collègue.

Elle avait le pire caractère de la planète, capable de vous rendre dingue en moins de trois minutes ! Et malgré tout, elle était toujours entourée d’une multitude d’amis et était capable de se trouver un nouveau petit copain en moins de deux heures. Elle n’était pas une sorcière qui lançait des sorts à des gens pour se faire aimer, même si Sam avait cru à cela au début. Son seul véritable tour de magie pour exceller socialement était d’être incroyablement belle. Cela paraît stupide, mais ce simple atout lui ouvrait toutes les portes du monde. Ses collègues de travail se montraient souriants et attentifs lorsqu’elle racontait qu’elle avait acheté un nouveau pull pour son chihuahua Croquette, qu’elle considérait presque comme son fils. Les hommes lui achetaient bijou sur bijou, tout en l’invitant dans les restaurants les plus prestigieux de la ville. Ils l’écoutaient parler pendant des heures sur sa vie plus que banale en espérant uniquement en retour un quelconque signe d’amour ou d’affection. Tous ces gens, hommes ou femmes, ne supportaient pas cette dinde qui ramenait tout à elle sans arrêt, mais l’idée d’apparaître aux côtés d’une fille au look de mannequin faisait barrage sur tout le reste.

Ce caractère était à l’opposé de ce que cherchait Thomas, cependant, c’était la seule personne de disponible pour ce soir, et il fallait bien un appât pour le sortir de sa grotte.

« Sam à l’appareil.
— Coucou mon samounet ! » Sam détestait qu’elle l’appelle comme ça. « Alors t’es prêt pour te prendre la raclée de ta vie ? T’es au courant au moins que j’ai déjà fait un score parfait de 300 points ?
— C’était sur Wii Sports, Sabrina.
— Pff… Sois pas jaloux comme ça, c’est la marque des faibles ! »

Cela faisait seulement trente secondes qu’il avait décroché, et déjà Sam n’en pouvait plus de l’écouter parler.

« Écoute Sabrina, je vais devoir annuler pour ce soir.
— Comment ça annuler ? T’as aussi peur que ça ? T’es vraiment pathétique !
— C’est exactement ça, t’es beaucoup trop forte pour moi que j’en ai les mains qui tremblent ! Bon allez je te laisse.
— Quel gros nul ! Il me tarde demain que je raconte ça au bureau, tu vas te taper la honte de ta vie ! » et elle échappa un rire moqueur que toutes les personnes désagréables possèdent.

« Ça leur fera plaisir ! Pour une fois, ils n’auront pas à entendre la vie de ton stupide chien.
— IL S’APPELLE CROQUETTE !!! » et elle lui raccrocha au nez.

Une fois débarrassé de cette psychopathe, Sam savait ce qu’il devait faire. Il composa plusieurs touches sur son téléphone et porta celui-ci près de son oreille en espérant entendre autre chose qu’une tonalité, chose que Thomas l’avait habitué à écouter. Heureusement pour lui, la personne à l’autre bout du fil répondit très rapidement.

« Allô Marie, c’est Sam. Il faut qu’on parle, tu es libre demain ? »


Marie et Sam se regardaient droit dans les yeux, immobiles. Ils n’avaient pas l’habitude de se retrouver seuls sans une tierce personne pour les connecter, et aucun d’eux ne savait comment entamer la conversation.

« Tu voulais me voir ? » demanda Marie, avec un air timide que personne ne lui connaissait. Sam acquiesça et elle lui fit signe d’entrer. C’était la première fois qu’il entrait dans son appartement et la première chose qui lui sauta aux yeux était le désordre qui régnait dans toute la pièce. Des vêtements trainaient en vrac sur le canapé, des paquets de gâteaux se battaient sur la table à manger et l’évier était rempli à ras bord d’une vaisselle qui paraissait tellement sale que la meilleure solution serait de les jeter. Cette vision du rangement était à l’opposé de l’idée qu’il s’était faite de cette fille que Thomas présentait toujours comme étant très ordonnée. Son regard se portait maintenant sur Marie qui adoptait une attitude fermée, les bras croisés et le regard fuyant.

« Bon… Maintenant que tu es là, vas-y je t’écoute.
— Est-ce que tu l’aimes ? »
Marie avait soudainement changé de posture et ses yeux bleus se portaient désormais sur lui. Au vu de sa réaction, Sam voyait bien que cette histoire avec Thomas avait quelque chose d’étrange. Tout indiquait qu’elle l’aimait encore, alors pourquoi diable n’avait-elle pas voulu l’épouser ?

« Si tu l’aimes vraiment, pourquoi tu te montres si distante avec lui ?
— C’est compliqué Sam. Évidemment que je l’aime, ce mec a complètement changé ma vie ! Je ne fais plus rien sans penser à lui et depuis qu’on ne se voit plus, je n’arrive pas à trouver le sommeil et je n’ai plus d’appétit.
— Mais bordel qu’est-ce qui t’empêche d’aller le voir et de le lui dire ? Il n’attend que ça ! »

Marie ne disait plus rien mais son attitude était toujours des plus étranges. Elle continuait de bouger ses bras dans tous les sens, sans vraiment savoir quelle posture adopter. Sam commençait à comprendre. Si elle ne voulait pas retourner avec Thomas, il ne pouvait s’agir que d’une chose.

« Putain de merde, tu l’as trompé !
— Quoi ?!
— C’est pour ça que tu es si distante ! Tu as couché avec un autre gars et maintenant tu ne peux plus te regarder en face !
— Sam, écoute…
— Sans déconner Marie, comment tu peux lui faire ça ?
— Non, je…
— Il est pas assez bien pour toi ou quoi ? Tu le trompes et tu le fais balader pendant tout ce temps. Il t’aime plus que tout et toi tu vas te sauter le premier venu !
— Je suis enceinte, Sam. »

Cette dernière phrase stoppa Sam dans son élan, le laissant totalement muet et confus. Il regarda Marie qui avait désormais ses mains posées sur son ventre. Les pièces du puzzle commençaient à s’imbriquer dans la tête de Sam qui avait jusque-là emprunté une tout autre route.

« Je crois que je devrais m’excuser.
— Non, c’est bon, je comprends. Je n’ai pas été très futée non plus. J’étais aux anges avec Thomas, il m’apportait tout ce dont j’avais toujours rêvé. Mais un enfant… Je ne me suis pas sentie prête pour ça et je ne savais pas comment lui annoncer. J’ai préféré garder ça pour moi au début, pensant que le moment se présenterait de lui-même. Mais quand il s’est accroupi ce vendredi-là et qu’il m’a fait sa demande, j’ai complètement flippé et je me suis enfuie. »

La suite de l’histoire, Sam la connaissait. Thomas ne pouvait pas comprendre ce qu’il se passait et a commencé à déprimer. Tout comme Marie. Et tous deux avaient eu peur de contacter l’autre et d’aggraver la situation. Quelle histoire…

« J’arrive à mieux cerner la situation maintenant. Mais Marie, tu ne peux pas le laisser comme ça ! Et toi non plus d’ailleurs, tu ne vas pas déprimer et rester enfermée dans ton appartement en lui cachant la vérité pour toujours. Tu dois aller le voir et lui parler. »

Marie avait les larmes aux yeux. Elle se rendait bien compte qu’elle avait fait du mal à la personne qu’elle aimait plus que tout et elle s’en voulait pour ça. Sam avait raison, elle devait lui rendre visite et tout lui dire. Il méritait d’entendre la vérité. Son regard se porta sur Sam et elle arbora un sourire timide, comme pour le remercier d’être venu la voir.

Sam sentit son téléphone vibrer au fond de sa poche droite et se demandait si le sortir à cet instant était vraiment convenu. Cela devait probablement être cette folle qui allait l’ennuyer avec ses histoires de chien. Il se décida finalement à prendre en main son téléphone et vit le nom de Thomas apparaître sur l’écran. Il ne s’attendait définitivement pas à ça et décrocha. La voix de son interlocuteur indiquait que celui-ci n’allait pas bien et qu’il était au plus profond d’une phase de déprime que seule une rupture de relation amoureuse peut produire. Il lui demandait s’il était disponible pour se voir. Sam porta son regard sur Marie et lui répondit « Euh… Je peux pas là, je suis occupé ». Son intonation l’avait quelque peu trahi et Thomas se demandait maintenant ce qu’il se passait pour qu’il lui réponde de la sorte. Marie fixa Sam et l’interrogea « C’est lui ? » Elle fut en mesure d’entendre la réponse de Thomas à travers le combiné tant sa voix était forte. Sam lui fit signe de ne plus parler et raccrocha en disant à son ami qu’il valait mieux qu’ils se contactent plus tard.

« C’était Thomas comme tu t’en es doutée. Je crois qu’il n’a pas apprécié de t’entendre avec moi. Il vaudrait mieux que tu te dépêches d’aller le rejoindre. »

Marie n’osa pas bouger. Entendre la voix de la personne qu’elle aimait lui avait fait comme un choc. Elle n’avait pas imaginé que son acte allait provoquer une telle réaction de colère et de tristesse de la part de son amoureux. Elle réalisa la stupidité de son acte et voulait désormais réparer les dégâts qu’elle avait causés, et la venue de Sam ne faisait que renforcer sa volonté. Elle lança un regard à ce dernier pour lui faire comprendre qu’elle avait compris son erreur et qu’elle allait de ce pas changer cette situation plus que folle. Elle se dirigea dans sa salle de bain pour rapidement voir si elle était présentable et en profita pour rapidement mettre en forme ses cheveux – elle n’allait tout de même pas retrouver l’amour de sa vie en étant mal coiffée – attrapa son sac à main et retourna devant Sam.

« Est-ce que ça ira si je me présente comme ça ? demanda-t-elle, hésitante.
— Peu importe comment tu es habillée, coiffée ou maquillée. Thomas sera heureux de te revoir.
— Et qu’est-ce que je lui dis ?
— La vérité.
— Tu as raison » dit-elle en hochant la tête comme pour se convaincre de le faire. Malgré sa détermination, on pouvait déceler une pointe de stress l’envahir. « Tu viens avec moi ? Pour tout te dire, j’ai quand même un peu peur que cela tourne mal. Après tout, ça fait un moment qu’on ne s’est pas vu et réapparaître comme par magie devant lui va surement lui faire un choc !
— Ça c’est sûr, mais je suis persuadé que cela lui fera le plus grand bien et qu’il te pardonnera instantanément. Tu n’as pas besoin de moi pour reconquérir son cœur. »

Elle esquissa un sourire et embrassa Sam sur la joue qui se mit aussitôt à rougir provoquant un petit rire chez Marie. Elle avait enfin retrouvé sa bonne humeur et ses yeux paraissaient plus bleus que jamais. Toute la pression qu’elle portait en elle s’évapora en un instant et elle était plus que prête pour affronter Thomas. Elle raccompagna Sam en bas de son immeuble et le remercia encore une fois d’être venu lui parler et de l’avoir convaincu de passer à l’action.


Sam regarda Marie monter dans une voiture qui au premier abord n’avait pas l’air d’être en état de rouler. La rouille prenait place au côté d’une couleur bleu acier qui aurait pu lui donner un style vintage s’il n’y avait pas eu des dizaines de bosses et de rayures pour l’accompagner. Il entendit le moteur qui essayait tant bien que mal de se lancer et après quelques essais infructueux, parvint enfin à démarrer. Le véhicule se déplaça en émettant des bruits peu rassurants quant au bon fonctionnement de celui-ci. Sam regardait la voiture s’en aller au loin et, lorsque celle-ci était hors de sa vue, il monta à son tour dans son bolide qui n’avait rien à voir avec le tas de ferraille qu’il venait de voir partir. En ce qui concerne les voitures, Sam s’y connaissait aussi bien que Sabrina en accessoires pour chiens. Et le modèle dans lequel il s’installa n’était rien d’autre qu’une Jaguar F-Type Coupé Caldera Red, modèle qu’il avait reluqué des semaines et des semaines avant de finalement décider à se l’offrir. Il alluma le moteur qui démarra du premier coup et se dirigea vers la sortie. Il actionna son clignotant gauche pour se rendre chez lui et lorsqu’il atteignit l’intersection, s’arrêta pour vérifier s’il n’y avait pas d’autres voitures en approche. En regardant à sa droite, il reconnut immédiatement la voiture de Marie, toujours recouverte de bosses, qui s’en allait chez Thomas. Il resta alors planté à son intersection avec le bruit du clignotant qui continuait d’émettre sa mélodie et qui rythmait les pensées de Sam. Il finit par actionner le clignotant dans l’autre sens et s’engagea sur la route.

I have a dream (5/8)

I have a dream (5/8)

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La neige s’était arrêtée de tomber. Dehors, on pouvait entendre des enfants s’amusant avec la neige. Parmi eux, on trouvait une petite fille d’environ six ans qui portait un énorme manteau orange accompagné de bottines violettes. On trouvait d’épaisses lunettes rouges posées sur son nez, et sur sa tête un bonnet marron laissant dépasser une natte blonde. Au bout de ses mains, il y avait des gants qui paraissaient être trois fois trop grands pour elle. Depuis plusieurs minutes maintenant, elle s’attelait à la réalisation d’un bonhomme de neige. Elle commença par la partie du bas en regroupant un maximum de neige possible afin d’avoir un corps assez gros pour pouvoir supporter les deux autres parties. Alors, elle prit soin de faire une deuxième boule, beaucoup plus fine que la précédente, et la déposa juste au-dessus. Il ne lui restait maintenant plus qu’à faire la tête pour terminer son bonhomme de neige. Elle rassembla une fois de plus assez de neige pour former une forme bien ronde et solide avant de la poser en tout en haut de sa construction. La structure était maintenant terminée et il ne restait plus qu’à agrémenter ce bonhomme de divers accessoires afin de le rendre plus vivant. Au sol, il y avait quelques branches que les tilleuls avaient laissé tomber, trop fatigués par le froid pour les maintenir accrochées. Elle récupéra plein de branches avant de choisir les deux plus jolies qui constitueraient les bras de son personnage. Les cailloux allaient avoir droit au même sort afin de déterminer lesquels seraient parfaits pour former les yeux de la statue de neige, le reste des pierres seraient utilisées pour former son sourire. Pour la touche finale, la petite fille ôta son bonnet et le plaça sur la tête de son nouvel ami qui paraissait désormais plus vrai que nature à ses yeux. Elle affichait un sourire de gagnante au vu de ce qu’elle avait réalisé, et les sauts de joie qu’elle faisait montraient bien qu’elle n’en était pas peu fière.

Pendant qu’elle continuait d’exprimer sa joie en faisant le tour de son nouvel ami, d’autres enfants s’adonnaient à une bataille de boule de neige endiablée. Des projectiles fusaient de part et d’autre de la rue et personne n’était à l’abri de se prendre une boule de neige dans la figure. Personne.


Lorsque Rémi avait ramené son bulletin du premier trimestre à ses parents, ces derniers avaient changé de couleur jusqu’à atteindre un rouge aussi écarlate que celui de la tenue du père Noël, qu’il n’était d’ailleurs pas près d’entendre parler cette année. Il était entré en sixième à la rentrée et ce que l’on pouvait dire c’est que cela ne lui réussissait pas trop, d’autant qu’il ne passait pas inaperçu avec ses cheveux roux et son mètre soixante. Il avait eu des mauvaises notes dans presque toutes les matières sauf en sport, ou éducation physique et sportive comme le rabâchait leur professeur, Monsieur Groudeau. Ce dernier était un homme assez petit d’une cinquantaine d’années. Il avait un ventre des plus imposants, à se demander s’il avait été sportif dans sa vie et Rémi eut du mal à croire que cet homme allait lui apprendre quoi que ce soit sur le sport. Pourtant, ce dernier lui avait prouvé le contraire. Ils commencèrent l’année avec du baseball ce qui avait étonné Rémi, car ce n’était pas vraiment une activité très populaire en France. Pour leur première séance, les élèves apprirent les règles de base de ce sport très américain. Au final c’était assez simple : on lance une balle et l’équipe adverse doit frapper avec une batte pour l’envoyer le plus loin possible. Un jeu d’enfants. Lors du premier entraînement, tout le monde voulait avoir le poste de batteur et essayer de propulser la balle hors du terrain tel un pro. Rémi se retrouva alors en position de lanceur avec pour seule consigne d’envoyer la balle vers le batteur aussi fort qu’il le pouvait. Rémi se sentait alors comme les superhéros qu’on pouvait voir dans les dessins animés, comme si le destin de la Terre entière reposait sur cette balle qu’il tenait de la main droite. Il posa son pied gauche en avant et recula son bras droit pour prendre de l’élan. On aurait dit qu’il essayait d’accumuler toute la force de son corps dans sa main. Ses yeux étaient plissés, concentrés sur l’objectif. D’un coup sec, il bascula son corps en avant et tendit son bras droit, relâchant la balle au tout dernier moment. Le projectile parcourut le terrain et le batteur n’eut même pas le temps de frapper que la balle avait déjà atterri dans le gant du receveur. Monsieur Groudeau n’en revenait pas. En vingt ans de carrière, c’est la première fois qu’il vit un lancer aussi fort, rapide et précis. Ainsi donc, à chaque entraînement, tout le monde se battait pour avoir Rémi dans son équipe et battre à plate couture le groupe adverse. Ce dernier était très fier de ses résultats en baseball, ce qui n’était pas vraiment le cas de ses parents qui auraient préféré qu’il se passionne pour les mathématiques ou le français. Rémi était censé être puni aujourd’hui et réviser ses leçons pour les contrôles de la rentrée, mais il ne l’entendait pas de cette oreille. En toute discrétion, il avait quitté la maison de ses parents pour aller jouer dans la neige avec ses amis du collège. Ils décidèrent naturellement de se lancer dans une partie de bataille de boule de neige, en sachant que Rémi serait un adversaire redoutable. Ils s’étaient mis à trois contre un et malgré cela, le combat n’était pas équitable. Il ne fit qu’une bouchée de ses opposants en les bombardant sans arrêt, sans leur laisser une minute de répit.


La petite fille n’avait pas vu les garçons jouer non loin d’elle. Elle ne remarqua pas que ce grand roux venait de prendre une énorme boule de neige dans la main pour la lancer sur son ami. Elle ne vit pas non plus que la personne visée avait esquivé de justesse le projectile, qui se dirigeait maintenant tout droit vers elle. La boule de neige se fracassa contre la tête du bonhomme de neige avec tellement de force qu’elle la fit tomber, le décapitant. La petite fille regarda avec horreur la tête de son compagnon qui gisait maintenant sur le sol, sans vie. Elle se mit à hurler de tristesse, un torrent de larmes coulant sur ses joues roses.

Elle venait de perdre son ami.


Je venais de perdre mon ami.

C’est la première fois de ma vie que je ressentais un vide dans mon cœur, comme si celui-ci ne voulait plus fonctionner. Ainsi, le sang ne circulait plus correctement à l’intérieur de mon corps. Je ne sentais plus mes muscles et ma tête s’était tellement vidée que j’étais en train de faire la plus grosse bêtise de toute ma vie. Mes larmes avaient séché sur mes joues alors que je consultais une dernière fois le livre de la bibliothèque avant de quitter ce monde une bonne fois pour toutes. J’espérais à tout prix que ce qui était marqué à l’intérieur était vrai, car je ne pourrais vivre une seconde de plus dans cet endroit où tout le monde me tournait le dos. À force de l’avoir lu, je connaissais maintenant toutes les techniques propices à la réalisation d’un rêve lucide inscrites à l’intérieur. J’étais prêt à quitter ce monde pour en rejoindre un où je pourrais enfin être heureux.

Je rejoignis mon lit et m’allongea sur le dos. J’étais encore fatigué de la soirée avec Sam et il ne serait donc pas difficile de trouver le sommeil. Avant de fermer les yeux, je regardais une dernière fois cette chambre où j’avais un jour connu la joie d’être avec la plus belle femme du monde. Tous nos souvenirs ressurgirent d’un seul coup : la première fois que nous avions fait l’amour dans ce lit, nos fous rires sous la couette un dimanche matin, nos querelles aussi explosives que brèves. Je repensai alors à la dernière fois que Marie était dans cette pièce.


C’était un vendredi matin. On pouvait déjà entendre les oiseaux chanter dehors alors que le soleil n’avait pas encore pointé le bout de son nez. Je me rappelle qu’il neigeait particulièrement fort cette journée et en regardant à travers la vitre de mon appartement, je faisais face à un paysage d’une pureté incomparable. Marie était allongée près de moi, son bras gauche sur mon torse. Délicatement, je m’extrayais de son emprise divine pour rejoindre la salle à manger et préparer son petit-déjeuner préféré : deux tranches de pain grillées bien beurrées avec une pointe de confiture à l’abricot, accompagnées d’un thé de Noël avec deux sucres, ni plus, ni moins. À peine suis-je entré dans la chambre, muni de ce goûter digne d’une reine, que Marie se réveilla, comme sortie d’un long sommeil par l’odeur alléchante du pain encore chaud et de l’arôme qui s’évadait de la tasse de thé. En voyant que je lui apportais cela, tel un servant portant une offrande à sa déesse, elle échappa un petit bruit de tendresse, manifestement touchée par mon geste. Elle me regarda ensuite avec ces yeux que je ne saurais toujours pas décrire, capable de percer mon âme et d’arrêter le temps autour de moi. Tout allait pour le mieux à ce moment-là. Nous sommes restés quelque temps, allongés sur ce grand lit, à refaire le monde, à dire des bêtises et à rigoler. Cette matinée rien qu’avec elle me confirmait mon envie de passer le restant de mes jours à ses côtés. Ainsi, lorsque nous avions terminé notre petit-déjeuner et que nous nous apprêtions à quitter l’appartement, j’enfilai mon manteau rouge tout en prenant soin de vérifier que la bague était toujours dans ma poche.

La dernière fois que Marie était dans cette chambre, c’était un vendredi matin. Le même vendredi où mon cœur a été brisé.


Ce souvenir me rendait plus déterminé que jamais pour passer à l’action. Mes paupières étaient lourdes et je ne tardais pas à somnoler. Bientôt, je rêverai d’un monde où Marie et moi sommes heureux, et une fois que je serai dans cet univers merveilleux, je prendrais contrôle de ce rêve pour me tuer et ainsi y rester pour l’éternité. Sur cette ultime pensée, je fermai les yeux et me laissai emporter par le sommeil pour ce qui serait, je l’espère, mes derniers instants dans ce monde.

Suite

Une lueur d’espoir

Une lueur d’espoir

Pour la première fois depuis ses débuts, le père Noël se retrouvait avec une liste des “enfants sages” sans aucun nom. Comment allait-il distribuer tous les cadeaux que les lutins avaient confectionnés avec tant d’amour si personne ne les méritait ? Il devait sans doute y avoir une erreur et, afin d’en avoir le cœur net, il avait décidé de prendre son traîneau magique et d’aller voir ce qu’il en retournait directement dans les maisons des enfants qui étaient d’habitude les plus sages de tous. Il entra dans son garage privé et demanda aux rennes de se mettre en place afin de décoller. Comme à son habitude, il les compta rapidement afin d’être sûr que personne ne manquait à l’appel. Lors de ses premières tournées, il avait recruté huit rennes qu’il jugeait être les plus compétents de tous.

Il y avait d’abord Tornade, le rapide du groupe. Ils s’étaient rencontrés un après-midi à l’hippodrome du pôle Nord où le père Noël avait misé sucre d’orge sur lui. Et il avait été tellement heureux de le voir courir aussi vite qu’il l’invita chez lui manger une raclette bien méritée.
La suivante était Danseuse, la plus gracieuse de toutes. Avant de travailler pour le père Noël, elle était danseuse étoile au Ballet de l’Opéra de Longyearbyen, petite ville de Norvège non loin du pôle Nord. Après de multiples représentations à succès, elle décida de se retirer du monde de la danse.
Le troisième était Furie, le plus puissant de tous. Il avait commencé une carrière dans la boxe anglaise avant de laisser tomber. Il travaillait ensuite dans un fast-food où il servit un Sprite sans glaçon au père Noël.
La quatrième se nommait Fringant, la plus belle de tous les rennes. Elle avait travaillé dans une agence de mode et avait tourné de nombreux spots publicitaires pour différents parfums.
Le cinquième était Comète, le plus généreux de tous. Il était bénévole dans différentes associations d’aide aux enfants. Il essayait toujours de donner le sourire aux enfants et lorsqu’il apprit que le père Noël cherchait des rennes pour piloter son traîneau, il sauta sur l’occasion.
La sixième renne était Cupidon, la plus tendre du groupe. Elle avait été nounou et adorait son métier. Tout comme Comète, un sourire sur le visage d’un enfant la rendait heureuse et c’est tout naturellement qu’elle se tourna vers l’offre du père Noël.
Le septième se faisait appeler Tonnerre et était le plus fort de tous. Avant d’entrer dans le groupe de rennes du père Noël, il était bûcheron et avait décroché à de nombreuses reprises le titre de l’employé du mois.
La dernière se nommait Éclair et elle était la plus brillante de toutes. Elle avait étudié dans les plus grandes universités du globe en finissant toujours première de sa promotion.

Ces huit rennes assuraient le transport de tous les cadeaux des enfants à travers le monde et cela depuis le tout premier Noël. Tout allait pour le mieux jusqu’à cette fameuse nuit de Noël 1938. Tout le monde était prêt à décoller, chaque renne était à sa place et le père Noël avait fini sa sieste pour entamer sa longue nuit de distribution de cadeaux. Mais au moment de partir, un nuage des plus épais se posa juste devant la Lune, cachant ainsi sa luminosité. Le ciel était noir et aucun renne n’arrivait à voir dans cette pénombre. Le père Noël, qui avait maintenant 15 minutes de retard, essaya d’accrocher toutes les lampes qu’il put trouver sur le traîneau dans l’espoir d’éclairer la route, mais en vain. Le ciel était trop obscur pour prendre la route et trouver les maisons où déposer les cadeaux. Ce serait une mission suicide que de décoller dans ces conditions. Le père Noël fut donc contraint, pour la première fois depuis qu’il avait commencé sa carrière, d’annuler Noël pour cette année. Des millions d’enfants allaient se réveiller tout excités par la venue du père Noël pour ensuite être déçus lorsqu’ils verraient qu’au pied du sapin aucun cadeau n’était présent.

Cette annulation entraîna une année des plus sombres pour la population mondiale. Petits comme grands exprimaient leur colère à travers le monde, si bien que quelques mois plus tard, une guerre éclata. Le père Noël se sentait responsable d’avoir causé une telle pagaille et il ne voulait absolument pas que cela se reproduise. Il partit donc à la recherche d’un renne étant capable d’éclairer la route qu’il pourrait mettre à l’avant du traîneau afin de ne plus rencontrer un problème pareil. Il utilisa ses contacts qu’il avait gardés du temps où il était agent de sécurité pour trouver un jeune renne qui, selon certains, possédait un nez rouge capable d’éclairer n’importe quel endroit sombre. Après quelques coups de fil, le père Noël s’arrangea pour avoir un entretien avec ce fameux renne. Il devait s’assurer qu’il était bel et bien capable de conduire une cargaison de cadeaux et cela dans le noir le plus total. À peine l’avait-il vu que le père Noël savait déjà que Rudolphe était le renne qui lui fallait. Son nez était encore plus lumineux qu’on lui avait décrit. Avec un tel atout, il était impossible de se perdre et le problème de Noël dernier ne se reproduirait plus. Il parla quelques instants avec lui pour s’assurer qu’il était motivé pour le job et l’engagea aussitôt. Après plusieurs entraînements, Rudolphe avait l’air d’être prêt pour sa toute première livraison de cadeaux. Ainsi, lors de la nuit de Noël 1939, les rennes se mirent en place avec le tout nouveau renne en tête de peloton, son nez rouge brillant d’autant plus fort en cette nuit orageuse. Le père Noël monta sur son traîneau et se prépara à décoller alors qu’une fois de plus, d’épais nuages noirs s’étendaient dans le ciel et obstruaient la Lune et son éclairage naturel. Mais cette fois-ci, il était confiant. La luminosité que dégageait le nez rouge de Rudolphe était amplement suffisante pour pouvoir se repérer dans cette pénombre. Ni une ni deux, il donna l’ordre à ses rennes de décoller pour commencer la distribution des cadeaux. Malgré quelques petits écarts, tout se passa comme prévu et, dès le retour à la base du père Noël, celui-ci félicita ses membres d’équipages pour avoir assuré avec brio cette soirée. Depuis ce jour, chaque soir de Noël, il est possible d’apercevoir une lumière rouge se baladant à toute vitesse dans le ciel, signe que la soirée se passait sans problème pour le père Noël et ses rennes.

Mais ce soir, il y avait un problème. En plus de n’avoir aucun enfant sage à qui distribuer des cadeaux, Rudolphe manquait à l’appel. Le père Noël ne voulait surtout pas risquer une autre catastrophe comme la nuit du Noël 1938 et partit à sa recherche. La disparition de Rudolphe et la liste vide ne pouvaient être une coïncidence. Quelqu’un essayait à tout prix de saboter Noël et il fallait à tout prix découvrir qui était derrière un tel complot.

Fidèles à leur patron, les autres rennes se mirent également à la recherche de Rudolphe. Le père Noël lui, décida d’enquêter du côté de la fabrique des jouets et demander aux lutins s’ils avaient vu quelque chose qui aurait pu l’aider. Mais en entrant dans l’atelier, il tomba nez à nez avec celui que tout le monde cherchait désespérément. Son nez éclairait son air surpris ainsi que l’énorme sac qu’il traînait derrière lui.

« Rudolphe ? Mais qu’est-ce que tu fais dans la fabrique de jouets ? demanda le père Noël. Et qu’est-ce que tu caches dans ce sac ?
— C’est pas tes oignons vieux schnock, dit Rudolphe d’un ton agressif. »

Le père Noël contempla alors la pièce et se rendit compte que la plupart des jouets avaient disparu. Les pièces du puzzle commençaient à s’imbriquer dans sa tête et il se tourna vers Rudolphe.

« C’est toi qui as trafiqué la liste des enfants sages, n’est-ce pas ? questionna le père Noël. Tu t’es arrangé pour qu’aucun cadeau ne soit distribué pour pouvoir les garder pour toi !
— Je vois que tu as compris, répliqua Rudolphe. Je le reconnais, c’est moi qui ai planifié tout ça.
— Mais pourquoi donc ?
— Toutes ces années, j’ai travaillé pour toi, éclairant chaque route avec mon nez pour que tu puisses faire ton travail. Pour la première fois de ma vie, je me sentais à ma place avec tes autres rennes. Mais au final, aucun d’eux ne m’apprécie. Dès que j’essaie de parler à l’un d’entre eux, ils se braquent et cherchent à m’éviter. J’en ai plus que marre de devoir endurer tout ça ! »

Le père Noël se mit alors à réfléchir. Maintenant que Rudolphe le mentionnait, il se rendit compte qu’il ne l’avait jamais vu en compagnie d’un des huit compagnons qu’il avait recrutés à son départ.

« Mon petit Rudolphe, tu as raison, dit-il quelque peu gêné. Je ne t’ai pas vraiment intégré au groupe et je m’en excuse. Mais pense à ce que tu es en train de faire. Tu vas priver des millions d’enfants d’un merveilleux Noël ! Je comprends ce que tu ressens, mais tu es en colère après moi, pas après eux. Ils n’ont rien à voir là-dedans. »

Rudolphe avait l’air troublé. La lumière rouge qui émanait de son nez se mit à faiblir et la pièce devint sombre, si bien qu’il ne remarqua pas que les rennes venaient d’entrer et se trouvaient maintenant à côté du père Noël. Comète s’approcha alors de Rudolphe.

« Je suis vraiment désolée, dit-elle d’un ton plein de remords. On n’a pas été très sympathique avec toi. Pour tout te dire, nous étions tous jaloux de toi. »

Rudolphe leva la tête et fit face à Comète. On pouvait lire la surprise dans son visage suite à la révélation qu’elle venait de lui faire. Tonnerre s’avança à son tour vers lui.

« Comète a raison, dit-il. Tu étais le nouveau du groupe et pourtant tu étais plus fort que nous tous réunis. Et dès ton premier jour, tu étais déjà à l’avant du traîneau tel un leader. Nous enviions tous l’enthousiasme que le père Noël t’accordait et cela nous a énormément contrariés. »

Le nez du renne, qui avait jusqu’alors perdu de son éclat, commençait maintenant à devenir de plus en plus lumineux, comme s’il venait de regagner espoir à la suite des mots de ses camarades. Tour à tour, les autres rennes s’avancèrent vers Rudolphe pour lui témoigner leur affection et lui promettant d’être plus gentils avec lui. Le père Noël qui assistait à tout cela ne put s’empêcher de verser une larme en voyant la solidarité et la compassion de ses rennes. Le nez de Rudolphe brillait désormais de mille feux dans la pièce. Il avait retrouvé le sourire et se tourna maintenant vers celui qui lui avait laissé sa chance.

« Père Noël, dit-il plein de détermination, je vais chercher la véritable liste des enfants sages. Nous avons une longue nuit devant nous alors ne traînons pas ! »

Ainsi, tous les rennes se mirent en place à l’avant du traîneau après l’avoir chargé de jouets. Le père Noël arriva à son tour et prit les commandes, bien décidé à remplir sa mission dans les temps. Rudolphe se plaça comme à son habitude à l’avant du peloton, son nez rouge plus brillant qu’il ne l’avait jamais été. Il se retourna pour voir les autres rennes. Ces derniers affichaient un sourire de confiance, comme pour témoigner que leurs querelles appartenaient désormais au passé.

Un lutin sonna la cloche signifiant que tout était bon et aussitôt, les rennes se mirent à galoper vers la sortie avant de s’envoler. Le père Noël et ses rennes étaient désormais dans le ciel, guidés par la lueur du nez de Rudolphe, prêts à accomplir leur mission et d’apporter la joie aux enfants du monde entier.

Ainsi, si vous êtes attentifs, vous pourrez peut-être observer un scintillement dans la nuit du 24 décembre, signe que le père Noël, Rudolphe et les autres rennes s’activent sans relâche pour vous faire passer un incroyable Noël.