Sayonara (さよなら)

Sayonara (さよなら)

Dans la langue japonaise, sayonara se traduit littéralement par “au revoir”. Toutefois, ce mot porte une finalité beaucoup plus importante. Au lieu d’être utilisé en fin de journée comme l’on dirait au revoir à un collègue qu’on reverrait le lendemain, sayonara est utilisé dans une situation où vous ne verrez pas votre interlocuteur avant un long moment, si ce n’est plus jamais.

Cela fait exactement deux ans que j’ai commencé ce blog. Ce qui à l’origine fut créé par ennui se révéla être un véritable passe-temps, me permettant de découvrir de nouveaux hobbies comme l’écriture. J’ai pu vous raconter mes histoires, vous faire découvrir mes goûts musicaux et vous soumettre mes premiers écrits.

Après deux ans de bons et loyaux services, après un rythme constant de 3 publications par mois, après 75 articles sur des sujets divers et variés, j’ai décidé de m’arrêter là et de vous dire sayonara.


Pourquoi arrêter maintenant ?

C’est une question que je me suis longtemps posée. Dans un sens, je ne voulais pas m’arrêter là. Deux années me semblaient trop peu pour me dire que j’avais fait le tour de tout ce que je devais raconter. Mais il fallait me rendre à l’évidence : je ne pouvais plus tenir mon rythme actuel dans les conditions d’aujourd’hui.

Manque de temps

Lors de la célébration de la première année de ce blog, je venais tout juste de commencer mon stage de fin d’études, et j’arrivais à marier parfaitement le travail avec la rédaction de mon blog. Certains moments s’avérèrent plus compliqués que d’autres, en fonction de la charge de travail dont je disposais, mais je finissais toujours par m’y retrouver. C’est à partir du mois de septembre de cette même année que les choses ont commencé à s’enliser.

Fraîchement diplômé de mon école d’ingénieur et employé au sein de Slow Sense, je jouais désormais dans la cour des grands. J’ai réalisé plusieurs missions toutes plus passionnantes les unes que les autres, et j’étais content de me sentir épanoui dans mon travail. Mais cela avait un coût. Contrairement à l’époque où je n’étais qu’un simple stagiaire, j’endosse aujourd’hui des responsabilités, et celles-ci me provoquent une certaine pression. Résultat, je consacre beaucoup de temps à mon travail et finit par négliger la rédaction de mon blog.

Manque de sujets

Chaque fois qu’une idée me vient en tête, je m’empresse de la noter dans mon application de notes. Au moment où j’écris ces lignes, je dispose de 20 idées d’articles et tout autant d’idées de récits. Cela pourrait paraître énorme à première vue, et en faisant un rapide calcul, cela représente 7 mois d’idées. Cependant, certaines de ces inspirations ne me satisfont pas, ou je n’ai pas envie d’écrire là-dessus. Résultat, je me retrouve avec un ou deux sujets intéressants qui demanderaient, pour être traités correctement, des heures de travail. Pour contrer ce manque d’idées, j’ai essayé d’inclure de nouveaux formats comme Culture Club ou Reddit Repost, où je pourrais parler d’un sujet que j’aime sans trop me prendre la tête sur le résultat. Naissait de cela un tout autre problème : je n’étais plus satisfait des articles que je mettais en ligne.

Manque de motivation

Les deux précédentes raisons s’appliquent, il n’en fait aucun doute. Toutefois, la véritable raison de mon arrêt est le manque de motivation. Écrire un blog s’est avéré plus difficile que je ne l’imaginais, et même si ce n’est pas inhumain, cela représente tout de même de nombreuses heures de travail pour réfléchir à de nouveaux sujets, trouver un schéma narratif convaincant, écrire les différents passages, mettre en forme le tout en ajoutant des images…

Pour chaque article, je dirais qu’il faut en moyenne trois à cinq heures de travail, en fonction de son sujet. Si vous combinez ce temps (que j’ai l’impression de ne plus avoir) à mon manque d’idées et à ma déception face au contenu que j’ai produit ces derniers temps, je n’ai tout simplement plus la force de continuer. Et je pense qu’il est plus sage de mettre un hiatus maintenant plutôt que de voir ce blog mourir à petit feu.


Quels sont mes projets pour cette année ?

À la place de ce temps que je consacrais à ce blog, je vais pouvoir me tourner vers de nouveaux objectifs qui me tiennent à cœur.

Lire un livre par mois

Cela semble dérisoire quand on sait que certaines personnes lisent presque un livre par jour. Je préfère cependant commencer avec un objectif atteignable et monter le niveau au fur et à mesure.

Beaucoup de raisons m’ont poussé à prendre cette décision. Dans un premier temps, j’ai pu constater que mon temps de présence devant un écran (que ce soit devant un ordinateur, une télévision ou un smartphone) se révèle beaucoup trop élevé. En me levant, je consulte mon téléphone. Au travail, je suis devant mon moniteur. Le soir, je suis soit devant la télé ou devant mon ordinateur. Il n’y a pas un instant de la journée où je peux dire que je suis totalement déconnecté, et cela me déplaît au plus haut point.

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En plus de cela, je considère la lecture comme une activité beaucoup plus intellectuelle que de regarder un film ou une série. Certes, lire un roman de fiction ne vous apprendra rien (et encore, pas tout le temps), mais vous êtes au moins dans un état actif. Alors qu’en regardant un film, vous pouvez détourner les yeux de l’écran ou envoyer un message avec votre téléphone sans que cela vienne gêner votre compréhension de l’histoire. Avec un livre, cela est impossible. Vous devez rester concentrés du début à la fin.

Enfin, les livres sont excellents pour nous véhiculer des histoires et nous apprendre des choses. Dans le cas d’un roman, vous suivrez les aventures d’un personnage comme vous le feriez devant une série, mais votre rapport à lui sera décuplé de par la lecture. C’est vous qui imaginez les scènes, la tête des différents personnages : vous êtes le véritable metteur en scène. Pour ce qui est des livres de non-fiction, ils vous apporteront une connaissance aiguë sur n’importe quel sujet, ayant beaucoup plus de valeur qu’une simple lecture d’une page Wikipedia.

Étant donné que le mois de janvier est presque fini, vous pensez bien que j’ai déjà lu mon premier livre de l’année. Il s’agit du livre de Charles Duhigg intitulé Le Pouvoir des Habitudes traitant (vous l’aurez compris) de l’influence des habitudes sur notre vie. J’ai trouvé ce livre passionnant et révélateur, car une fois que vous l’avez lu, vous remarquez tout de suite les habitudes que vous avez et ce qui les déclenche. En plus de cela, l’auteur nous raconte une multitude d’anecdotes en lien avec les habitudes, prouvant qu’elles s’appliquent à tous les niveaux.

La lecture de ce livre m’a justement fait me rendre compte à quel point ces habitudes pouvaient avoir un effet néfaste sur ma vie de tous les jours, et c’est ce qui m’a permis de m’imposer un deuxième objectif pour cette année.

Courir un marathon

Si vous pensiez que j’avais mis la barre trop bas en vous basant sur mon objectif précédent, celui-ci est là pour vous démontrer l’inverse.

Le marathon est une course à pied de 42 kilomètres qui trouve sa source dans une histoire vieille de plus de 2000 ans. Pour annoncer la victoire contre les Perses, Philippidès aurait couru de Marathon jusqu’à Athènes, sur une distance d’environ 40 kilomètres. Aujourd’hui, le marathon est considéré comme l’épreuve ultime pour tout coureur qui se respecte. Et me voici aujourd’hui, prêt à affronter cette épreuve.

Enfin… Pas pour tout de suite. Voyez-vous je ne souhaite pas courir un marathon par pur plaisir, et si vous avez suivi, j’ai caractérisé cette épreuve d’ultime pour un coureur. Et c’est là où se cache une anomalie, car je ne pourrais pas me permettre de m’appeler “coureur”. En effet, cela fait des années que j’ai laissé tomber la course à pied, une habitude qui me suivait pourtant depuis un moment. J’ai donc décidé de faire bouger les choses et de m’y remettre une bonne fois pour toutes.

Aussi, le marathon étant l’objectif ultime que je souhaite atteindre, je ne serai pas déçu si je ne parviens pas à le réaliser. Évidemment, je ne serais que trop heureux de pouvoir terminer cette course et m’en vanter auprès de tous mes amis, mais par-dessus tout, ma volonté profonde est de pratiquer régulièrement une activité physique et me sortir de cette paresse constante. Cela requiert de la volonté, mais surtout, de la discipline, chose qui me fait défaut depuis des années. Et j’ai trouvé que le marathon serait un objectif idéal pour me motiver à courir davantage.

Un mois s’est déjà écoulé et quel est le bilan ? J’ai réussi à effectuer six courses d’environ 7 kilomètres chacune. Cela paraît dérisoire comparé à l’objectif final, mais vous devez comprendre que je reviens de très loin. Rien que le fait d’être sorti courir est un exploit là où à l’époque, j’aurais prétexté qu’il faisait trop froid ou que le soleil s’était couché pour ne pas avoir à sortir. C’est donc pour moi un premier pas positif et encourageant vers la réussite de ce projet.

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Si le cœur vous en dit, vous pouvez me suivre sur Strava où je compte stocker toutes mes courses de l’année.

Écrire un livre

Dernier objectif que je me suis fixé pour cette année et qui sera loin de s’avérer facile, c’est de pouvoir terminer l’écriture d’un livre.

Vous le savez sans doute si vous me suivez depuis un moment, j’adore écrire des histoires. En continuant dans cette démarche, j’aimerai me surpasser afin d’avoir à la fin de l’année un véritable livre, avec une histoire plus longue que mes précédents écrits. Toutefois, cet exercice va s’avérer beaucoup plus long et compliqué que ma manière d’écrire jusqu’à présent.

En effet, lorsque je publiais un récit sur ce blog, j’écrivais chapitre par chapitre, sans vraiment prévoir la trame narrative dès le début. Cela avait beaucoup de défauts : j’arrivais dans des situations bloquantes où mes personnages n’avaient plus rien à faire, je me retrouvais à créer des incohérences pour faire avancer l’histoire, je n’introduisais que très peu de personnages et surtout, je ne pouvais pas revenir en arrière. Dès lors que je publiais un chapitre, celui-ci était comme scellé dans le marbre, et je ne pouvais plus l’éditer pour arranger l’histoire.

L’écriture d’un roman laisse plus de souplesse. Je peux à tout moment revenir sur un chapitre qui ne me convient plus et le modifier en accord avec le fil de l’histoire. Je peux également prendre le temps d’étudier chaque personnage et voir s’il me semble assez réaliste ou non afin de rendre l’histoire la plus parfaite possible. La contrepartie de ce procédé, est qu’il demande beaucoup plus de temps que d’habitude et qu’il demande une certaine forme de rigueur afin de suivre continuellement le cours de son histoire et de ne pas être perdu.

Un mois s’est écoulé et j’ai déjà quelque peu avancé, même si j’aurais pu fournir davantage de temps dans cet objectif. J’ai pour l’heure trouvé l’intrigue de mon histoire ainsi qu’un titre en rapport avec celle-ci, sans oublier 8 personnages clés qui viendront alimenter mon récit. J’ai également noté le déroulement global de l’histoire afin d’être sûr de ne pas me perdre dans sa narration.

Mon premier chapitre ne compte pour l’instant que 770 mots, mais je compte le développer beaucoup plus, car c’est sans aucun doute le chapitre le plus important, celui qui décidera si vous, lecteur, êtes intéressés par l’intrigue que je vous propose.

Je ne compte pas baisser les bras, car je rêverais de pouvoir tenir mon propre livre dans mes mains. Cependant, et comme cela s’applique aussi pour mon objectif du marathon, je ne serai pas déçu si je n’arrive pas à le terminer d’ici la fin de l’année. Tant que je me force de prendre du temps pour sa création, je considérerais cet objectif comme rempli.


Quel avenir pour ce blog ?

La poursuite de ces objectifs me prendra donc beaucoup de temps, et je serai presque inactif sur ce blog. Mais, si vous avez suivi depuis le début, ce message n’est pas un adieu. C’est un au revoir prolongé. Un sayonara.

Cet article ne sera donc pas le dernier à paraître sur le blog. Cela étant dit, ne vous attendez pas à un rythme aussi fréquent que d’habitude. En toute franchise, je pense être capable de continuer sur un rythme d’un article tous les deux mois, peut-être moins. Je pourrais ainsi réfléchir davantage sur mes sujets et les écrire avec plus de sincérité, sans avoir une deadline m’obligeant à accélérer ce processus.

Vous allez peut-être penser que je ne vous dis que de belles paroles, et que je ne reviendrai plus jamais. Mais je peux vous assurer que ce n’est pas le cas. Il y a des sujets qui me tiennent particulièrement à cœur, et je ne considérerais pas ce blog comme me représentant si je n’en faisais pas mention. Ce blog n’est donc pas mort, à l’inverse, il se métamorphose.




Voilà, je crois avoir fait le tour. Vous connaissez désormais les raisons de mon arrêt, mes nouveaux objectifs et l’avenir de ce blog. Je ne vous cache pas que c’est avec une certaine émotion que je vais tourner cette page de ma vie qui m’aura occupé pendant deux ans.

Merci à vous de m’avoir lu jusqu’au bout et de ne jamais manquer un article. En espérant que vous serez toujours présent pour le suivant.

 

Sayonara

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