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Mois : décembre 2017

Une lueur d’espoir

Une lueur d’espoir

Pour la première fois depuis ses débuts, le père Noël se retrouvait avec une liste des “enfants sages” sans aucun nom. Comment allait-il distribuer tous les cadeaux que les lutins avaient confectionnés avec tant d’amour si personne ne les méritait ? Il devait sans doute y avoir une erreur et, afin d’en avoir le cœur net, il avait décidé de prendre son traîneau magique et d’aller voir ce qu’il en retournait directement dans les maisons des enfants qui étaient d’habitude les plus sages de tous. Il entra dans son garage privé et demanda aux rennes de se mettre en place afin de décoller. Comme à son habitude, il les compta rapidement afin d’être sûr que personne ne manquait à l’appel. Lors de ses premières tournées, il avait recruté huit rennes qu’il jugeait être les plus compétents de tous.

Il y avait d’abord Tornade, le rapide du groupe. Ils s’étaient rencontrés un après-midi à l’hippodrome du pôle Nord où le père Noël avait misé sucre d’orge sur lui. Et il avait été tellement heureux de le voir courir aussi vite qu’il l’invita chez lui manger une raclette bien méritée.
La suivante était Danseuse, la plus gracieuse de toutes. Avant de travailler pour le père Noël, elle était danseuse étoile au Ballet de l’Opéra de Longyearbyen, petite ville de Norvège non loin du pôle Nord. Après de multiples représentations à succès, elle décida de se retirer du monde de la danse.
Le troisième était Furie, le plus puissant de tous. Il avait commencé une carrière dans la boxe anglaise avant de laisser tomber. Il travaillait ensuite dans un fast-food où il servit un Sprite sans glaçon au père Noël.
La quatrième se nommait Fringant, la plus belle de tous les rennes. Elle avait travaillé dans une agence de mode et avait tourné de nombreux spots publicitaires pour différents parfums.
Le cinquième était Comète, le plus généreux de tous. Il était bénévole dans différentes associations d’aide aux enfants. Il essayait toujours de donner le sourire aux enfants et lorsqu’il apprit que le père Noël cherchait des rennes pour piloter son traîneau, il sauta sur l’occasion.
La sixième renne était Cupidon, la plus tendre du groupe. Elle avait été nounou et adorait son métier. Tout comme Comète, un sourire sur le visage d’un enfant la rendait heureuse et c’est tout naturellement qu’elle se tourna vers l’offre du père Noël.
Le septième se faisait appeler Tonnerre et était le plus fort de tous. Avant d’entrer dans le groupe de rennes du père Noël, il était bûcheron et avait décroché à de nombreuses reprises le titre de l’employé du mois.
La dernière se nommait Éclair et elle était la plus brillante de toutes. Elle avait étudié dans les plus grandes universités du globe en finissant toujours première de sa promotion.

Ces huit rennes assuraient le transport de tous les cadeaux des enfants à travers le monde et cela depuis le tout premier Noël. Tout allait pour le mieux jusqu’à cette fameuse nuit de Noël 1938. Tout le monde était prêt à décoller, chaque renne était à sa place et le père Noël avait fini sa sieste pour entamer sa longue nuit de distribution de cadeaux. Mais au moment de partir, un nuage des plus épais se posa juste devant la Lune, cachant ainsi sa luminosité. Le ciel était noir et aucun renne n’arrivait à voir dans cette pénombre. Le père Noël, qui avait maintenant 15 minutes de retard, essaya d’accrocher toutes les lampes qu’il put trouver sur le traîneau dans l’espoir d’éclairer la route, mais en vain. Le ciel était trop obscur pour prendre la route et trouver les maisons où déposer les cadeaux. Ce serait une mission suicide que de décoller dans ces conditions. Le père Noël fut donc contraint, pour la première fois depuis qu’il avait commencé sa carrière, d’annuler Noël pour cette année. Des millions d’enfants allaient se réveiller tout excités par la venue du père Noël pour ensuite être déçus lorsqu’ils verraient qu’au pied du sapin aucun cadeau n’était présent.

Cette annulation entraîna une année des plus sombres pour la population mondiale. Petits comme grands exprimaient leur colère à travers le monde, si bien que quelques mois plus tard, une guerre éclata. Le père Noël se sentait responsable d’avoir causé une telle pagaille et il ne voulait absolument pas que cela se reproduise. Il partit donc à la recherche d’un renne étant capable d’éclairer la route qu’il pourrait mettre à l’avant du traîneau afin de ne plus rencontrer un problème pareil. Il utilisa ses contacts qu’il avait gardés du temps où il était agent de sécurité pour trouver un jeune renne qui, selon certains, possédait un nez rouge capable d’éclairer n’importe quel endroit sombre. Après quelques coups de fil, le père Noël s’arrangea pour avoir un entretien avec ce fameux renne. Il devait s’assurer qu’il était bel et bien capable de conduire une cargaison de cadeaux et cela dans le noir le plus total. À peine l’avait-il vu que le père Noël savait déjà que Rudolphe était le renne qui lui fallait. Son nez était encore plus lumineux qu’on lui avait décrit. Avec un tel atout, il était impossible de se perdre et le problème de Noël dernier ne se reproduirait plus. Il parla quelques instants avec lui pour s’assurer qu’il était motivé pour le job et l’engagea aussitôt. Après plusieurs entraînements, Rudolphe avait l’air d’être prêt pour sa toute première livraison de cadeaux. Ainsi, lors de la nuit de Noël 1939, les rennes se mirent en place avec le tout nouveau renne en tête de peloton, son nez rouge brillant d’autant plus fort en cette nuit orageuse. Le père Noël monta sur son traîneau et se prépara à décoller alors qu’une fois de plus, d’épais nuages noirs s’étendaient dans le ciel et obstruaient la Lune et son éclairage naturel. Mais cette fois-ci, il était confiant. La luminosité que dégageait le nez rouge de Rudolphe était amplement suffisante pour pouvoir se repérer dans cette pénombre. Ni une ni deux, il donna l’ordre à ses rennes de décoller pour commencer la distribution des cadeaux. Malgré quelques petits écarts, tout se passa comme prévu et, dès le retour à la base du père Noël, celui-ci félicita ses membres d’équipages pour avoir assuré avec brio cette soirée. Depuis ce jour, chaque soir de Noël, il est possible d’apercevoir une lumière rouge se baladant à toute vitesse dans le ciel, signe que la soirée se passait sans problème pour le père Noël et ses rennes.

Mais ce soir, il y avait un problème. En plus de n’avoir aucun enfant sage à qui distribuer des cadeaux, Rudolphe manquait à l’appel. Le père Noël ne voulait surtout pas risquer une autre catastrophe comme la nuit du Noël 1938 et partit à sa recherche. La disparition de Rudolphe et la liste vide ne pouvaient être une coïncidence. Quelqu’un essayait à tout prix de saboter Noël et il fallait à tout prix découvrir qui était derrière un tel complot.

Fidèles à leur patron, les autres rennes se mirent également à la recherche de Rudolphe. Le père Noël lui, décida d’enquêter du côté de la fabrique des jouets et demander aux lutins s’ils avaient vu quelque chose qui aurait pu l’aider. Mais en entrant dans l’atelier, il tomba nez à nez avec celui que tout le monde cherchait désespérément. Son nez éclairait son air surpris ainsi que l’énorme sac qu’il traînait derrière lui.

« Rudolphe ? Mais qu’est-ce que tu fais dans la fabrique de jouets ? demanda le père Noël. Et qu’est-ce que tu caches dans ce sac ?
— C’est pas tes oignons vieux schnock, dit Rudolphe d’un ton agressif. »

Le père Noël contempla alors la pièce et se rendit compte que la plupart des jouets avaient disparu. Les pièces du puzzle commençaient à s’imbriquer dans sa tête et il se tourna vers Rudolphe.

« C’est toi qui as trafiqué la liste des enfants sages, n’est-ce pas ? questionna le père Noël. Tu t’es arrangé pour qu’aucun cadeau ne soit distribué pour pouvoir les garder pour toi !
— Je vois que tu as compris, répliqua Rudolphe. Je le reconnais, c’est moi qui ai planifié tout ça.
— Mais pourquoi donc ?
— Toutes ces années, j’ai travaillé pour toi, éclairant chaque route avec mon nez pour que tu puisses faire ton travail. Pour la première fois de ma vie, je me sentais à ma place avec tes autres rennes. Mais au final, aucun d’eux ne m’apprécie. Dès que j’essaie de parler à l’un d’entre eux, ils se braquent et cherchent à m’éviter. J’en ai plus que marre de devoir endurer tout ça ! »

Le père Noël se mit alors à réfléchir. Maintenant que Rudolphe le mentionnait, il se rendit compte qu’il ne l’avait jamais vu en compagnie d’un des huit compagnons qu’il avait recrutés à son départ.

« Mon petit Rudolphe, tu as raison, dit-il quelque peu gêné. Je ne t’ai pas vraiment intégré au groupe et je m’en excuse. Mais pense à ce que tu es en train de faire. Tu vas priver des millions d’enfants d’un merveilleux Noël ! Je comprends ce que tu ressens, mais tu es en colère après moi, pas après eux. Ils n’ont rien à voir là-dedans. »

Rudolphe avait l’air troublé. La lumière rouge qui émanait de son nez se mit à faiblir et la pièce devint sombre, si bien qu’il ne remarqua pas que les rennes venaient d’entrer et se trouvaient maintenant à côté du père Noël. Comète s’approcha alors de Rudolphe.

« Je suis vraiment désolée, dit-elle d’un ton plein de remords. On n’a pas été très sympathique avec toi. Pour tout te dire, nous étions tous jaloux de toi. »

Rudolphe leva la tête et fit face à Comète. On pouvait lire la surprise dans son visage suite à la révélation qu’elle venait de lui faire. Tonnerre s’avança à son tour vers lui.

« Comète a raison, dit-il. Tu étais le nouveau du groupe et pourtant tu étais plus fort que nous tous réunis. Et dès ton premier jour, tu étais déjà à l’avant du traîneau tel un leader. Nous enviions tous l’enthousiasme que le père Noël t’accordait et cela nous a énormément contrariés. »

Le nez du renne, qui avait jusqu’alors perdu de son éclat, commençait maintenant à devenir de plus en plus lumineux, comme s’il venait de regagner espoir à la suite des mots de ses camarades. Tour à tour, les autres rennes s’avancèrent vers Rudolphe pour lui témoigner leur affection et lui promettant d’être plus gentils avec lui. Le père Noël qui assistait à tout cela ne put s’empêcher de verser une larme en voyant la solidarité et la compassion de ses rennes. Le nez de Rudolphe brillait désormais de mille feux dans la pièce. Il avait retrouvé le sourire et se tourna maintenant vers celui qui lui avait laissé sa chance.

« Père Noël, dit-il plein de détermination, je vais chercher la véritable liste des enfants sages. Nous avons une longue nuit devant nous alors ne traînons pas ! »

Ainsi, tous les rennes se mirent en place à l’avant du traîneau après l’avoir chargé de jouets. Le père Noël arriva à son tour et prit les commandes, bien décidé à remplir sa mission dans les temps. Rudolphe se plaça comme à son habitude à l’avant du peloton, son nez rouge plus brillant qu’il ne l’avait jamais été. Il se retourna pour voir les autres rennes. Ces derniers affichaient un sourire de confiance, comme pour témoigner que leurs querelles appartenaient désormais au passé.

Un lutin sonna la cloche signifiant que tout était bon et aussitôt, les rennes se mirent à galoper vers la sortie avant de s’envoler. Le père Noël et ses rennes étaient désormais dans le ciel, guidés par la lueur du nez de Rudolphe, prêts à accomplir leur mission et d’apporter la joie aux enfants du monde entier.

Ainsi, si vous êtes attentifs, vous pourrez peut-être observer un scintillement dans la nuit du 24 décembre, signe que le père Noël, Rudolphe et les autres rennes s’activent sans relâche pour vous faire passer un incroyable Noël.

I have a dream (4/8)

I have a dream (4/8)

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Et moi qui pensais que ce livre me serait d’une quelconque manière utile… Sa traduction a été longue, mais sans encombre, si bien que j’avais terminé le soir même. Une fois tout écrit, je relisais ce que je venais de marquer afin de voir ce qu’il me réservait. Plus j’avançais dans sa lecture et plus je trouvais cela ridicule.

Le livre se divisait en deux parties. Il traitait d’abord le sujet des rêves lucides, c’est-à-dire la capacité d’être conscient lors d’un rêve, comme dans le film Inception. Il expliquait en détail les différentes techniques pour arriver à un tel stade et les astuces pour rester dans ce rêve le plus longtemps possible. Cela semblait plutôt intéressant. Après tout, qui n’a jamais voulu rester dans son propre rêve tant celui-ci était parfait. Cela m’était justement arrivé hier soir. Bien que je donnerai tout pour être avec Marie, je n’avais pas envie de vivre avec elle uniquement dans un songe. Mon amour était réel et je voulais que notre histoire le soit aussi.

La deuxième partie était aussi intéressante qu’intrigante. Les rêves seraient en réalité notre perception d’un univers parallèle dans lequel nous existons. Ce qui voulait dire que mon rêve d’hier soir était en fait une vision d’un autre moi vivant une autre vie. Selon le livre, il y aurait un nombre infini d’univers et donc des possibilités tout aussi gigantesques. Et il y aurait apparemment un moyen de passer d’une réalité à une autre, toutefois, le prix à payer pour un tel choix était lourd de conséquences. Un tel échange ne pouvait être réalisé qu’une seule fois, il fallait donc faire attention à ne pas tomber sur une mauvaise réalité. Tout d’abord, l’individu doit s’endormir et faire un rêve lucide en s’aidant des conseils notés dans les pages précédentes. Il faut s’assurer ensuite d’être dans un rêve correspondant à la bonne réalité. Si ce n’est pas le cas, recommencer jusqu’à ce que cela marche. Pour pouvoir rester définitivement dans ce nouveau monde, il faut réaliser une chose qui est d’habitude impossible dans les rêves : mourir. Une fois cela fait, l’individu se réveillera dans son nouveau monde avec ses souvenirs d’avant.

Il y a donc un moyen pour moi de changer de monde pour me retrouver dans celui où Marie m’épouse et où notre histoire finit bien. Cependant, l’idée de mourir, même si cela devait se réaliser dans un rêve, me donnait la chair de poule, et il fallait encore être sûr que ce qui était raconté dans ce livre était la vérité. Pour l’heure, je n’avais pas envie de tenter une telle expérience même si l’idée de la retrouver m’obsédait. Je fermais mon livre et décidais d’aller me faire quelque chose à manger avant d’aller me coucher. Après tout, je n’avais rien avalé de la journée et j’étais maintenant affamé. Je me dirigeais vers la cuisine et ouvrais mon frigo. Il était aussi vide que mon estomac. Je restais debout, faisant face à cette lumière blanche qui se posait sur moi avant de me décider à faire du riz. J’allumais la plaque et posais la casserole remplie d’eau dessus. En attendant que celle-ci chauffe, je m’asseyais sur le canapé de mon salon pour consulter mon téléphone que j’avais laissé de côté en rentrant. Un appel manqué et un message vocal sur mon répondeur. Je composais le numéro pour avoir accès à ma messagerie et voir qui m’avait appelé.

« Hey Thomas ! Alors on répond pas au téléphone ? Je voulais faire un bowling ce soir avec toi et en profiter pour te présenter une nana du boulot, je suis sûr qu’elle te plairait ! Bref, rappelle-moi dès que tu peux, bye. »

C’était Sam. J’étais content de voir qu’il voulait encore me faire sortir et le choix du bowling ne m’étonnait pas. Il savait que j’adorais ça, même si je ne suis vraiment pas un pro des strikes. Et il essayait déjà de me présenter d’autres filles. Son geste était honorable, mais je n’avais qu’une seule fille en tête et il n’y avait actuellement pas de place pour une deuxième. J’entendis le ronronnement de l’eau qui commençait à bouillir et me dépêchai de mettre le riz à l’intérieur. Une fois cuit, je le mis dans une assiette et l’engloutis en trois coups de fourchette. En plus d’avoir faim, j’étais aussi exténué de par ma soirée d’hier et de ma journée qui n’était pas des plus reposantes. Je filais à la salle de bain me brosser les dents avant de me jeter dans mon lit douillet en me demandant si j’allais faire un rêve cette nuit aussi.


Une fois de plus, un bruit sourd me réveilla. J’appuyais sur la touche STOP de mon réveil, mais le bruit ne s’était pas arrêté. Puis, d’un coup, plus rien. Étais-je encore en train de rêver ? Je sortis du lit et me dirigeai vers la salle de bain pour prendre une douche, pensant que ce serait le meilleur moyen de savoir si j’étais bel et bien éveillé. Je restais longtemps sous la douche à réfléchir à ces derniers jours. Marie qui me laissait seul dans ce parc ; Sam qui essayait de me faire passer à autre chose ; mes parents qui s’inquiétaient pour moi ; et moi qui voulais à tout prix retrouver la fille que j’aime. Je ne lui avais même pas parlé depuis ce jour-là. Je devrais surement aller la voir et discuter avec elle, comprendre ce qui n’allait pas. Mais j’avais peur. Peur de voir la réalité en face. Notre histoire était comme un livre dont je ne voulais pas tourner les pages de crainte de tomber sur la dernière. Tant que je restais ici à ne rien faire, j’avais encore un espoir que ce ne soit pas fini. Mais j’étais désormais seul à lire ce livre. Marie avait probablement terminé sa lecture avant de le ranger dans sa bibliothèque. Peut-être même, avait-elle entamé la lecture d’un tout nouveau livre, encore mieux écrit que le précédent. Il fallait sans doute que moi aussi je tourne la page.

Je sortis de la salle de bain à la recherche de mon téléphone portable. Je devais à tout prix appeler quelqu’un. Une fois en main, je cherchais dans mes contacts la bonne personne, celle qui pourrait m’aider à terminer tout ça une bonne fois pour toutes.
Une tonalité.
Je tournais en rond dans mon appartement en attendant impatiemment que mon interlocuteur réponde.
Deux tonalités.
Le livre que j’avais emprunté à la bibliothèque était encore posé sur mon bureau. Je repensais à ce qu’il y avait marqué dessus même si cela me paraissait insensé.
Trois tonalités.
Mon corps commençait à trembler, sans savoir si j’étais plus terrifié de tomber sur un répondeur ou de faire face à mon correspondant.
Quatre tonalités.
Je me demandais si cela était vraiment une bonne idée après tout, et que je devrais peut-être raccrocher.
Cinq tonalités.

Je commençais à perdre espoir et me disais que je devrais laisser tomber. Je pourrais toujours rappeler plus tard. Mais au même moment, j’entendis décrocher.

« Allô ?
— Salut, c’est Thomas. Je sais que je ne t’ai pas trop donné de nouvelles récemment, mais j’ai vraiment besoin de te parler. Je peux plus vivre comme ça, je deviens fou. Et je sais que tu pourras m’aider toi, t’es pas mon meilleur ami pour rien. On peut se voir maintenant ? »

Je voulais vraiment appeler Marie, mais je n’en étais pas capable, alors le choix s’est tout naturellement tourné vers Sam. Je savais qu’il pourrait m’aider à y voir plus clair et à aller de l’avant. Mon cœur me faisait toujours souffrir mais je voulais que cela s’améliore et, sans Sam, je ne voyais pas comment faire.

« Euh… Je peux pas là, je suis occupé. »

Il paraissait bizarre, comme si je le dérangeais. J’avais vraiment besoin de lui mais je ne voulais pas le déranger avec mes histoires. Je me disais que je devrais surement le rappeler plus tard.

« C’est lui ? »

Cette voix qui venait du téléphone n’était pas celle de Sam et, bien que je ne l’entendis pas très fort, je savais à qui elle appartenait.

« Marie ? Sam, pourquoi t’es avec Marie ?
— Thomas c’est mieux qu’on en parle plus tard, d’accord ? »

Je restais figé face à ce que je venais d’entendre. J’avais envie de jeter tout ce que j’avais fait ces derniers jours pour courir chez elle, lui dire à quel point je l’aime et que je ne pouvais pas vivre sans elle. Si elle savait ce que j’avais tenté de faire pour elle, elle n’en reviendrait pas. Mais au lieu de ça, elle était avec Sam. Ce même Sam qui m’avait poussé à passer à autre chose était avec elle en ce moment même. J’étais trahi par la seule personne en qui j’avais vraiment confiance.  Je sentais dans ma poitrine mon cœur se décomposer. Il avait eu une trop grosse charge émotionnelle en très peu de temps. Il ne pouvait plus tenir et moi non plus. J’éteignis mon téléphone et me rallongea dans mon lit, la tête entre mes oreillers. Je n’arrivais plus à penser. Ma tête était vide. Mon cœur aussi. Je ne ressentais plus rien et malgré ça, des larmes coulaient sur mon visage. Je venais de tout perdre en si peu de temps, et tout ça à quelques jours de Noël.

Je ne pouvais rêver mieux comme cadeau.

En fait… si.

Je pouvais rêver mieux.

Suite

Et ça, j’achète !

Et ça, j’achète !

Aujourd’hui marque le premier jour du dernier mois de l’année à savoir, décembre. Ce merveilleux mois rime avec fêtes, repas de famille, hiver et anniversaire d’une superstar (le 9 décembre si j’en crois mes sources). Mais le jour que tout le monde attend avec impatience tombe un peu plus tard, lorsqu’un étrange vieil homme habillé de rouge et de blanc viendra vous rendre visite par votre cheminée pour poser au pied du sapin de merveilleux cadeaux (seulement si vous avez été sage cette année). Ce sera l’occasion pour certains de se voir offrir le dernier iPhone, une nouvelle console de jeu, ou tout simplement un peu d’argent pour se faire plaisir au cours de l’année. Mais est-ce que la consommation de tous ces produits nous rend vraiment heureux ? Y a-t-il un lien entre le nombre de cadeaux et le bonheur ? Je suis récemment tombé sur un article du philosophe et ancien ministre Luc Ferry qui tente de répondre à cette question.

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36 ? Mais l’an dernier, l’an dernier j’en avais 37 !

Parlons tout d’abord du paradoxe d’Easterlin. Oui, je vous vois déjà quitter cet article rien qu’à la vue de ce nom, mais rassurez-vous cela va devenir intéressant. Ce paradoxe qui tient son nom de l’économiste américain Richard Easterlin montre qu’une hausse du PIB ne se traduit pas forcément par une hausse du niveau de bien-être ressenti par les individus. Cela se rapproche en psychologie du paradoxe de l’abondance qui dit que la disponibilité en quantité non limitée d’une satisfaction précédemment rare, finit par engendrer une sorte de lassitude qui conduit à la passivité. Pour faire simple, la quantité mène à l’ennui. On peut alors se poser la question suivante : Ne faut-il pas apprendre à privilégier le qualitatif sur le quantitatif ?

Revenons à ce bon vieux Easterlin (oui encore lui). Ce dernier a évoqué trois raisons qui pourraient expliquer ce paradoxe. Il y a d’abord la question de la jalousie, ou pour être plus précis de l’envie. Si l’on s’en réfère à l’article sur les péchés capitaux, l’envie est en fait la tristesse ressentie face à la possession par autrui d’un bien, et la volonté de se l’approprier par tout moyen et à tout prix. Et cette comparaison avec d’autres personnes, nous la faisons tous les jours et de plus en plus avec les nouvelles technologies. Prenons l’exemple d’Instagram, une application permettant de mettre en ligne des photos et de les partager au grand public. Il vous suffit de naviguer quelques minutes sur ce site pour vous rendre compte que tout est parfait. Les gens sont beaux, musclés, bien habillés en train de siroter un cocktail dans une île perdue du Pacifique. Évidemment si vous regarder ce genre de photos pendant votre pause au travail, il y a de quoi déprimer. Et l’arrivé de Snapchat n’a pas aidé les choses. C’est aujourd’hui une vraie guerre afin de montrer aux autres qui a la meilleure vie, sans pour autant apprécier le moment présent.

Comics from www.piecomic.com

La deuxième raison porte sur le phénomène de l’adaptation. Je suis sur que vous avez déjà eu la même expérience que moi : vous venez d’acheter un nouveau téléphone et vous commencez par en prendre soin comme la prunelle de vos yeux. Mais au fil des mois, vous y portez de moins en moins attention jusqu’au point que cela vous est presque égal si celui-ci tombe par terre.

Pour finir, Easterlin parle d’anticipation. Il y aura toujours plus puissant ou plus riche que nous, rendant ainsi la poursuite sans fin des biens matériels dénuée de sens. On peut en effet voir beaucoup de personnes se ruer sur le dernier téléphone à la mode pour finalement le remplacer quelques mois plus tard lorsque sa version suivante sera disponible.

Si la possession de tous ces biens ne rend pas heureux alors comment atteindre le bonheur ? C’est une question qu’il est important de se poser et je pense que la réponse varie en fonction des individus. Il ne tient qu’à vous de la trouver.

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