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Mois : août 2017

Charlie et la chocolaterie

Charlie et la chocolaterie

Quand j’étais au collège, la TNT venait à peine d’être lancée. Pour les plus jeunes lisant cet article, il faut savoir qu’à mon époque, la télévision ne comptait que six chaînes. Ce chiffre semble ridicule à l’ère d’internet et lorsque la TNT est arrivée, c’était une vraie révolution. Il suffisait d’acheter un boitier spécial, et vous aviez accès à douze chaînes supplémentaires et gratuites. Mes amis me racontaient à quel point ils ne pouvaient plus se passer de leur soirée Simpsons le samedi soir sur W9. À ce propos, savez-vous que W9 est en fait le logo de M6 à l’envers ?

Après quelques mois de négociations difficiles avec mes parents, nous avons finalement obtenu notre premier boîtier TNT. Impatient, j’alluma alors la télé sur la neuvième chaîne pour voir mes personnages jaunes préférés. Mais il était encore tôt et à la place, il y avait un programme où un chef vient en aide à des restaurants à deux doigts de la faillite. Le cuisinier en question est Gordon Ramsay, un Britannique connu pour son émission “Cauchemar en cuisine”.

Antoine Delia se faisant réveiller par Gordon Ramsay
Il m’a fait faire des cauchemars

Moi qui espérais regarder un dessin animé, je restais scotché devant mon poste de télévision à contempler ce curieux spécimen qui n’arrêtait pas de jurer. Jamais je n’avais vu une telle passion pour la cuisine au point de se mettre dans des états pareils. Il me donna l’envie d’enfiler un tablier et de me mettre à préparer de bons petits plats. Et en tant que grand gourmand et amateur de chocolat (c’est d’ailleurs le premier mot que j’ai prononcé étant bébé), je décida de réaliser moi-même un coulant au chocolat. Je ne vais pas vous le cacher, c’était une tuerie. Le meilleur gâteau du monde ! Et aujourd’hui, je vais vous révéler la recette jusqu’alors secrète de ce délice.

Le Chef Antoine Delia
Vous allez bientôt devenir un aussi bon cuisinier que moi

Tout d’abord, les ingrédients (je vous mets entre parenthèses le produit exact que j’utilise). Il vous faut :

  • 1 plaquette de chocolat noir (Nestlé dessert )
  • 100 grammes de beurre demi-sel (Président )
  • 100 grammes de sucre en poudre (Béghin Say )
  • 3 oeufs (Carrefour Bio )
  • 2 cuillères à soupe de farine (Francine )

Maintenant que vous avez tout ce qu’il faut, passons aux étapes :

  1. Préchauffez le four à 180°C
  2. Faire fondre le chocolat et le beurre à feu doux dans une casserole
  3. Dans un saladier, battre les œufs avec le sucre
  4. Ajouter le chocolat fondu à ce mélange en remuant énergiquement
  5. Ajouter une par une les cuillères de farine en remuant bien entre chaque
  6. Verser dans un moule
  7. Cuire environ 20 minutes
  8. Laisser refroidir avant de démouler

Si vous suivez ces étapes à la lettre, vous devriez obtenir le meilleur gâteau au chocolat de votre vie ! Je vous laisse déguster cette merveille tandis que je file vous concocter d’autres petits plats rien que pour vous.

Chocolatine (3/3)

Chocolatine (3/3)

Précédent

Ralph regarda sa valise avec attention. Il était certain d’avoir oublié quelque chose, mais il n’arrivait pas à se souvenir de quoi il s’agissait. Il avait pris soin de faire une liste avec tout ce qu’il devait emporter avec lui et tout avait été coché, preuve qu’il n’avait rien laissé chez elle. Ralph avait plutôt la côte avec les filles. La dernière en question s’appelait Lisa. Ils s’étaient rencontrés par hasard sur le lieu de travail de Ralph. À l’époque, il s’occupait de nourrir les animaux du zoo de la ville. C’était une tâche très fatigante, mais cela ne le gênait pas le moins du monde. Il adorait les animaux, et par conséquent son travail. Il avait un chouchou parmi eux : un bébé pingouin qui avait toujours l’air heureux de le voir. Il était tout petit avec un ventre tout rond et très doux au toucher. Il l’avait donc appelé “Rondoudou”. Alors qu’il s’amusait avec ce petit oiseau d’hémisphère nord (Ralph avait appris tout ce qu’il pouvait sur eux), une jeune inconnue s’approcha de lui, intriguée par une telle amitié entre un homme et un pingouin. C’est comme ça que Ralph fut la connaissance de Lisa.

Contrairement à ses conquêtes précédentes, leur histoire dura très longtemps. Il faut dire que Ralph est assez exigeant. Tout doit être parfaitement parfait. Une véritable obsession qui l’éloigne d’une relation sérieuse avec n’importe qu’elle fille ne correspondant pas à ses critères. Mais Lisa était différente. Après des semaines avec elle, il ne trouvait rien à redire. C’était peut-être celle qu’il attendait depuis si longtemps. Ils décidèrent ainsi de s’installer ensemble. Ralph avait fait ses affaires pour emménager dans l’immense appartement de Lisa qui, encore une fois, était à son goût. Il ne pouvait rêver mieux et s’imaginait déjà passer le restant de ses jours à ses côtés. Mais cela ne dura pas longtemps. Quelques jours plus tard, Ralph fit une découverte qui le terrorisa. Il n’avait jamais pu s’en rendre compte auparavant, car il n’avait pas eu l’occasion de la voir à l’œuvre. Alors qu’ils venaient de finir un bon petit plat préparé par ses soins, Lisa décida de finir par un yaourt aux fruits. Pas n’importe lequel en l’occurrence il s’agissait d’un yaourt pâtissier “La Laitière” à la framboise façon charlotte. Elle enleva alors le couvercle et lécha le dessous pour ne pas gaspiller. Elle s’arrêta à mi-chemin quand elle découvrit le regard que Ralph lui donnait. Un mélange de dégoût et de peur pouvait se lire dans ses yeux. Il détestait cela. S’ensuit alors une dispute proportionnelle à la gravité de la situation, du moins, selon Ralph. Ce dernier décida alors de faire ses affaires et de partir, laissant Lisa seule avec son dessert.

Leur aventure aura finalement duré près de six mois ce qui en fit la relation la plus longue de Ralph. Il pensait vraiment qu’il avait un avenir avec elle. Tout le long du trajet séparant l’appartement de Lisa de la gare, il avait les larmes aux yeux. Peut-être ne trouverait-il jamais plus une fille comme elle. Pour le moment, il avait besoin d’air frais, d’une nouvelle vie. Il prit le premier train qui arriva en gare quelques minutes après lui. Il se fichait bien de la destination, tant que celle-ci se trouve au plus loin d’ici. Une fois arrivé, il décida de dormir à l’hôtel pour la nuit avant de chercher un appartement. Il acheta le journal du coin pour voir s’il n’y avait pas une offre d’emploi qui lui correspondrait. Alors qu’il feuilletait les pages du quotidien local, une goutte de pluie tomba en plein sur la section consacrée à l’horoscope. Il leva les yeux pour faire face à un énorme nuage gris annonçant l’orage. “Voilà ce que j’ai oublié, dit-il. Mon parapluie”.


Il ne restait que deux jours avant l’ouverture officielle de sa boulangerie. Ralph avait suivi les cours de l’ancienne propriétaire à la lettre. Il savait maintenant faire une multitude de pains, allant de la simple baguette traditionnelle à la flûte en passant par la fougasse (son préféré). Mais le plus important, c’est qu’il était désormais capable de réaliser lui-même sa propre chocolatine. Il avait passé des heures et des heures à refaire la recette avec une minutie qu’il ne se connaissait pas. Au bout du trente-et-unième essai, il avait enfin réussi à faire la plus belle chocolatine qu’il n’ait jamais vue. Il était très fier de lui et se dit que l’idée de reprendre cette boulangerie était peut-être la meilleure depuis qu’il était parti. Ralph s’arrêta un instant. Cela faisait près de trois mois qu’il était parti et pour la première fois il repensa à Lisa. Il savait que c’était bel et bien terminé avec elle, mais il repensa à la raison de son départ. Un yaourt est-il vraiment plus fort que l’amour ? Avait-il vraiment quitté cette fille pour une idiotie pareille ? Ralph savait très bien qu’il était comme ça, à toujours vouloir chercher la perle rare. Mais il se dit que la quête d’un amour parfait était peut-être tout simplement impossible. Après tout, il ne devait surement pas être irréprochable lui non plus. Il se jura alors de faire des efforts pour ne pas reproduire la même catastrophe qu’avec Lisa. Décidément, cette boulangerie lui était vraiment d’une grande aide.

Comme chaque dimanche, le quartier était plutôt calme. Alors que la plupart des habitants étaient encore dans leur lit douillet, Ralph était déjà sur son lieu de travail. Il allait ouvrir demain et il voulait à tout prix faire la chocolatine la plus exceptionnelle et délicieuse que possible. Mais il ne la faisait pas pour lui. Il allait la réserver spécialement pour Émilie. Il savait qu’elle passerait demain à exactement huit heures et qu’elle commanderait une chocolatine, comme à son habitude. Il fallait à tout prix qu’elle adore sa viennoiserie pour qu’elle revienne encore et encore. Cela faisait presque une semaine qu’il ne l’avait pas vu et il était à la fois excité et anxieux de la revoir. Il devait réussir. Ralph était maintenant rempli de détermination et entama une nouvelle fournée de chocolatines. Après des heures et des heures à refaire les mêmes gestes, il arriva enfin à un résultat hors du commun. Il n’avait jamais vu une chocolatine aussi resplendissante. Et comment vous décrire son goût. On aurait dit un feu d’artifice à l’intérieur de votre bouche. Chaque bouchée était encore plus excellente que la précédente. Il avait atteint la perfection, la meilleure chocolatine de France, peut-être même du monde ! Il en était persuadé maintenant : Émilie reviendra tous les jours dans sa boulangerie après avoir goûté à cette merveille.

Ralph ne s’était pas rendu compte du temps qu’il avait passé à faire ces chocolatines. Il attrapa son téléphone qu’il avait posé sur le comptoir et le déverrouilla pour connaître l’heure. Il resta scotché sur son écran pendant quelques secondes. L’heure ne l’intéressait plus. Son portable indiquait qu’il avait manqué deux appels aujourd’hui. Ils venaient de la même personne. Lisa. Pourquoi avait-elle essayé de le contacter ? Ralph ne savait plus trop quoi faire. Il hésita à la rappeler, mais décida qu’il valait mieux l’ignorer pour le moment. Il ne voulait pas être déconcentré dans son travail. Pour l’instant, il n’avait qu’une chose en tête : Émilie.


Le grand jour que Ralph attendait tant était enfin arrivé. Il s’était levé très tôt afin d’être en avance sur la cuisson du pain et de se concentrer ainsi sur les chocolatines. Il lui a fallu quelques fournées pour atteindre la qualité d’hier, mais il avait finalement réussi. Il mit en vitrine les premières chocolatines destinées aux clients traditionnels et avait gardé la meilleure chocolatine juste derrière la vitrine, là où personne ne pouvait la voir. Il était impatient de voir arriver Émilie et du lui donner cette viennoiserie si goûtue. Mais elle n’était pas la seule à vouloir venir dans sa boulangerie. En effet, il était déjà six heures du matin et déjà trois clients attendaient que Ralph leur ouvre la porte. Et c’est ce qu’il fit. Dans l’ordre, une baguette pas trop cuite pour madame, un éclair au chocolat pour monsieur et enfin deux flûtes pour un vieil homme qui avait l’air ravi de voir que cette boulangerie n’avait pas fermé définitivement. Quelques minutes plus tard, l’ancienne propriétaire entra et salua chaleureusement Ralph. Elle avait passé presque toute sa vie à travailler ici et elle était très contente que Ralph reprenne le flambeau. Elle acheta un croissant, lui souhaita bonne chance pour sa première journée et s’en alla. Cette visite surprise motiva encore plus Ralph pour se donner au maximum et pour continuer de faire les meilleurs pains du quartier (même si pour l’instant ce n’était pas encore sa spécialité). Il regarda la grosse horloge près de l’entrée. Elle affichait six heures et quinze minutes. “Dans moins de deux heures, se dit-il. Dans moins de deux heures, elle passera cette porte”.

La matinée fut assez tranquille jusqu’à sept heures, où les clients commençaient à arriver par dizaine. Ralph n’avait même pas le temps de souffler qu’il devait déjà prendre la commande du prochain client. Il ne s’était pas rendu compte que cette boulangerie avait autant de succès jusqu’à aujourd’hui. Cette ribambelle de clients fit passer le temps très vite et, sans que Ralph ne s’en rende compte, il était déjà huit heures. “Bonjour Ralph !” Celui-ci reconnut immédiatement cette voix. Il regarda l’horloge et constata qu’Émilie était une fois de plus à l’heure, pas une minute de retard. “Dis donc, tu es allé vite ! Reprendre cette boulangerie et rouvrir une semaine seulement après sa fermeture, c’est un exploit. J’espère que ce sera bon, sinon je ne reviendrai plus !” dit-elle d’un ton amusé. Ralph savait au fond de lui que cette menace n’aboutirait pas puisqu’il avait passé tout son week-end à perfectionner ses produits. Il regarda en coin la viennoiserie qu’il avait spécialement gardée pour elle. Il attendait juste qu’elle passe commande pour lui donner la plus exquise des chocolatines qu’elle n’ait jamais goûtées.

“Je vais prendre un pain au chocolat s’il te plaît.”

Ralph se figea. Il avait cru mal entendre. Venait-elle vraiment de dire “pain au chocolat” ? Celle qu’il avait vu toutes ces fois sortir de cette boulangerie disait-elle réellement “pain au chocolat” plutôt que “chocolatine” ? Cela lui semblait impossible et pourtant tout ceci était bien réel. Il se dirigea alors près de la vitrine où résidaient les viennoiseries qu’il avait préparées ce matin. Il attrapa alors une chocolatine parmi celles présentes, l’a glissa dans une petite poche à l’emblème de la boulangerie et la donna à Émilie. Celle-ci lui donna alors une pièce d’un euro et s’en alla en prononçant une dernière phrase à Ralph, mais ce dernier n’y avait pas prêté attention. Il se fichait bien qu’elle revienne ou pas désormais. Cette fille pour qui il avait tant espéré l’avait profondément déçu. Et dire qu’il avait racheté cette boulangerie pour elle.

“Bonjour Ralph.” Alors qu’il était perdu dans ses pensées et essayait encore de se remettre de la tragédie qu’il venait de subir, cette voix qui venait du comptoir ne le laissa pas indifférent. Il l’avait déjà entendu quelque part. Ce n’était pas Émilie ni l’ancienne propriétaire de la boulangerie, il en était certain. Mais alors à qui appartenait cette voix si mystérieuse. Il tourna la tête vers la cliente et il la reconnut aussitôt. Comment l’avait-elle retrouvé ?

“Lisa ? Qu’est-ce que tu viens faire ici ?
– Écoute, j’ai repensé à ce qui s’était passé et je me suis rendu compte que je tenais trop à toi pour te laisser partir. Je sais pourquoi tu as été contrarié et, même si je trouve que c’était disproportionné, je te promets que je ne le referais plus.”

Ralph resta bouche bée. Il ne s’attendait absolument pas à la voir débarquer ici. Et ce qu’elle venait de lui dire le laissa sans voix. C’était la première fille à lui laisser une seconde chance. Mais est-ce que c’était vraiment ce qu’il voulait ? Ralph n’en était pas encore sûr.

“C’est très gentil de me dire tout ça Lisa, mais je ne sais pas si je suis encore prêt pour revenir avec toi. Il me faudrait un peu de temps pour réfléchir. Et puis je viens de récupérer cette boulangerie et ce n’est pas de tout repos.
– Oui, je comprends tout à fait. Ça m’a étonné d’ailleurs quand j’ai appris que tu t’étais mis à faire du pain. Tant qu’à y être, est-ce que je pourrais avoir une chocolatine s’il te plaît ?”

Elle n’avait pas dit pain au chocolat. Lisa était pourtant une fille qui venait du nord de la France, mais elle avait toujours préféré le terme du sud ouest, allez savoir pourquoi. Ralph alla de nouveau près de la vitrine et attrapa une chocolatine, mais s’arrêta. Il regarda Lisa. Elle était aussi souriante que dans ses souvenirs. Ses taches de rousseur lui remontaient jusque sur son front, ce qui avait fait craquer Ralph la première fois qu’il l’avait vu. Il repensa au zoo. À leur première rencontre. Un flot de nostalgie l’envahit alors. Il reposa la chocolatine qu’il venait de saisir et prit à la place celle qui se trouvait derrière la vitrine. “Cadeau de la maison” dit-il à Lisa. Cette dernière le regardait avec intensité, comme au premier jour. “Merci Ralph. À bientôt.” Et elle s’en alla. Lorsqu’elle se trouva dehors, elle sortit la viennoiserie de la pochette et en croqua un bout. Elle se stoppa net. Plus aucun de ses membres ne bougeait. Elle connaissait les talents de Ralph, mais cette chocolatine dépassait tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Elle voulut revenir à l’intérieur de la boulangerie pour lui dire à quel point elle adorait ce qu’il avait fait. Elle se retourna et tomba nez à nez avec Ralph qui était sorti la rejoindre. Ils se regardèrent droit dans les yeux, sans prononcer un seul mot. Ils étaient comme seuls au monde. Lui, elle, et une chocolatine.

Strike

Strike

C’était un mercredi comme les autres. Nous devions nous retrouver entre amis pour aller visiter un bowling. Oui j’ai bien dit visiter et non pas jouer. Car le bowling où nous nous rendions avait été fermé depuis des années. Il ne restait plus que la carcasse du bâtiment où l’on pouvait encore entendre le bruit des quilles les nuits de pleine lune. C’est d’ailleurs à ce moment que nous avions décidé de nous y rendre. Armés de lampes torches, nous sommes partis explorer les mystères que renferment ce bowling désaffecté.

Attention, les textes et images qui vont suivre s’apparentent au paranormal.

Ils pourraient heurter la sensibilité des plus jeunes.

Vous êtes prévenus.

Bowling Labège
Notre porte d’entrée. Jamais nous n’aurions prédit ce qui se trouvait derrière.

Nous voici donc à la recherche de nombreux trésors dans ce qui semble être l’endroit le plus terrifiant sur Terre. À peine entrons-nous à l’intérieur que nous savons à quoi nous attendre. L’endroit est froid, aucun éclairage, d’étranges tags sur tous les murs, une odeur nauséabonde. Tout nous disait de partir. Mais nous avons continué.

L’intérieur du Bowling

Nous voici maintenant au cœur du bâtiment. Il n’y a plus aucune piste de bowling ni même une quille pouvant servir de trophées. Nous devons donc continuer. Alors que nous avancions progressivement jusqu’à l’autre bout du terrain, un étrange bruit arriva à nos oreilles. Ça n’avait pas l’air humain. Nous décidons de nous armer de divers objets afin de nous en servir comme arme de défense. Personne ne sait ce qui peut nous tomber dessus à présent. Le bruit venait de l’étage au-dessus. Il nous a fallu du courage, mais nous avons finalement décidé de découvrir d’où venait ce son si spécial. Jamais nous n’aurions dû faire ça.

Premier étage

Le bruit était de plus en plus fort à chaque marche que nous montions. Alors que nous allions bientôt atteindre la dernière marche, le bruit était quasiment à côté de nous. Nous agrippions nos armes aussi fort que possible, prêts à frapper les premiers. Mon pied arriva enfin sur la dernière marche. Nous étions au premier étage. Et soudain, plus un bruit. La “chose” qui émettait ce son s’était tue. Le stress commença à nous gagner. Nous éclairions alors tous les recoins pour être sûrs de ne pas nous faire prendre par surprise. Soudain, un bruit sourd se fit entendre à l’autre bout du couloir. Bien décidé à découvrir le fin mot de l’histoire, nous ne perdons pas une minute et nous nous engouffrons dans ce couloir.

Quel est donc ce bruit ?

Nous aurions dû rebrousser chemin plus tôt si nous avions su ce qu’il en retournait. Alors que nous avancions la peur au ventre, le bruit du début commença à reprendre. Mais cette fois-ci, il était juste derrière nous. Et il se rapprochait. Bientôt, le bruit arriva juste à côté de moi. Trop effrayé pour me retourner, je sortis alors mon téléphone pour voir ce qui se trouvait derrière moi. Je vis alors un visage que je ne connaissais pas sortir de l’obscurité.

Un visage anormalement blanc me fixa, un tuyau en métal à la main. Il était décidé à nous tuer les uns après les autres. Aussitôt, nous avons couru aussi vite que possible pour échapper à cette étrange personne. Je pris ma lampe torche pour éclairer derrière moi et voir où il était par rapport à nous. Mais il avait disparu. Et le silence était revenu. Il n’y a rien de plus effrayant que la normalité là où elle ne devrait pas être. Nous décidons alors de nous rendre sur le toit afin de sortir d’ici. Il n’était pas question de revenir vers la porte d’entrée surtout avec un fou dangereux dans les parages. Nous trouvons alors une pièce avec une fenêtre qui semblait idéale pour grimper jusqu’au toit. Et c’est alors que nous retrouvions espoir que le bruit recommença en se rapprochant à une vitesse alarmante pour s’arrêter devant la porte de la pièce que nous avions pris soin de fermer auparavant. Le bruit se stoppa pendant un instant. Nous regardions la porte avec effroi. Toc-toc-toc. On frappa à la porte. Nous restions évidemment plantés près de la fenêtre. Un rire glaçant traversa alors la pièce. Il nous fit prendre conscience du danger et nous nous sommes alors précipités vers la fenêtre. Le rire s’arrêta quand ce fut mon tour de monter. J’entendis alors un gros bruit provenant de la porte. Il venait de l’enfoncer et me faisait maintenant face.

Rien ne l’arrête

Il se jeta sur moi avec un regard de tueur. Je montai alors au plus vite sur le toit, mais il avait réussi à m’attraper la jambe. Je me débattais, mais il n’y avait rien à faire. Mes amis me prirent alors par les bras pour me soulever et m’extirper des griffes de ce tueur. Alors que je pensais que tout était fini, ce dernier me lâcha volontairement. Alors que je reprenais mon souffle, je me penchai par-dessus le toit pour voir s’il était encore à la fenêtre. Évidemment, il avait disparu. Il fallait maintenant trouver une sortie au plus vite. J’aperçus au loin une gouttière que l’on pouvait utiliser pour se glisser jusqu’en bas du bâtiment. Alors que je venais d’énoncer cette idée, le bruit se fit de nouveau entendre. Il était là. Comment avait-il fait pour nous rejoindre aussi vite dans ce labyrinthe ? Il devait surement connaître le lieu. Mais comment ? Ma réflexion fut interrompue par un bruit dérangeant. On aurait dit du métal que l’on faisait ripper contre quelque chose. Et ce bruit était derrière moi une fois de plus. Je pensais alors que c’était l’un de mes amis qui faisait traîner un objet. Je leur ai demandé qui faisait ce bruit mais je n’eus aucune réponse en retour. Mes amis n’étaient plus là. Toutefois, le bruit ne s’était pas arrêté et il était maintenant tout près. Je découvris alors l’origine de celui-ci. Émergeant de la pénombre, c’était lui. Il faisait traîner son arme contre le sol. Elle était recouverte de sang. Elle était pourtant propre tout à l’heure. “C’est ton tour” dit-il alors avec une voix des plus macabres qu’il m’est était donné d’entendre.

Je ne pouvais plus réfléchir. Mon instinct de survie avait pris le dessus. Je courus de toutes mes forces jusqu’à l’angle du bâtiment où se trouvait la gouttière. Sans regarder derrière moi, je sautai en m’agrippant à elle. Dans ma précipitation, mes doigts glissèrent et je fis une chute de deux étages. Par chance, j’étais tombé dans un énorme buisson qui amortit tant bien que mal ma chute. J’avais maintenant la tête vers le ciel. Plus aucun signe de lui. C’était ma chance. Je m’enfuis alors de cet endroit démoniaque pour retourner à ma voiture. J’étais sauvé.


La route jusqu’à chez moi fut des plus pénibles. J’avais perdu mes amis ce soir-là et j’avais été terrifié, comme jamais je l’avais été. Il était déjà très tard lorsque je suis finalement arrivé. Juste le temps de me faire un thé et de me laver les dents et me voilà maintenant dans mon lit en essayant tant bien que mal de dormir après tous ces événements. Je décidai alors d’allumer ma lampe de chevet pour lire un livre afin de m’aider. La fatigue commença à arriver. Je posai mon livre et, alors que je m’apprêtais à éteindre la lampe, j’entendis un bruit bizarre sous mon lit. Ce n’était pas n’importe quel bruit. C’était le bruit. Je descendis alors lentement la tête de mon lit pour voir en dessous. Rien. Pas le signe d’un quelconque tueur à l’horizon. Je suppose que je devais entendre des bruits après tout ce qui s’est passé. Soulagé, je relevai la tête. Je me retrouve alors face à face avec lui. Il est là.