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Mois : juin 2017

Venez comme vous êtes ! (3/3)

Venez comme vous êtes ! (3/3)

Nous voici de retour pour un autre article sur mes mésaventures au McDonald’s ! Vous êtes ici à la troisième et dernière partie. N’hésitez pas à revoir la première et deuxième partie pour vous rafraîchir la mémoire.

Dans cette dernière partie, je vais vous décrire les différents postes que l’on peut exercer en étant équipier. Car même si vous êtes spécialisé en cuisine ou au comptoir, il y a des tâches communes que tout le monde peut faire.

  • Le Lobby / SAT

C’est l’un des premiers postes que vous allez tenir lorsque vous débutez. Cela n’a vraiment rien de sorcier, vous êtes en salle et vous devez vous occuper de la propreté. Astiquer les tables, passer le balai, nettoyer les toilettes et changer les poubelles seront vos tâches récurrentes à effectuer en boucle. En soi c’est un exercice assez simple mais très répétitif. Il faut aussi ne pas avoir peur de se salir les mains. Lorsqu’il y a peu d’équipiers, vous êtes aussi chargés d’apporter les plateaux aux clients (service à table). Là aussi rien de bien compliqué, vous prenez le plateau, regardez le numéro du ticket et partez à la recherche du client. C’est assez amusant si on le tourne comme un jeu : il faut voir ça comme une aventure où le client représente le trésor. Un Happy-Meal sur le plateau ? On peut donc se concentrer à chercher des familles. Une salade à la place des frites ? Très probablement une demoiselle qui fait attention à sa ligne (conseil : ne pas aller au McDonald’s si on veut faire attention à sa ligne).

Antoine Delia balayeur
Le lobby c’est toute ma vie
  • La plonge

Surement le poste que je déteste le plus. Le soir, tous les ustensiles sont envoyés derrière pour être nettoyés avant d’être replacés pour le lendemain. On dispose d’une machine à laver et d’un jet d’eau pressurisé qui envoie de l’eau chaude pour repasser sur ce qui ne passe pas dans la machine. Facile me direz-vous, c’est comme faire la vaisselle. Laissez-moi vous présenter la plonge sous un autre angle. La plupart des ustensiles sont envoyés tard, environ une heure avant la fermeture définitive du restaurant. Et cela représente un bon nombre de choses à laver. Il faut donc bien veiller à remplir au maximum la machine avant de la lancer. J’ai beau avoir de très bons scores sur Tetris, je n’arrive jamais à caler autant de choses que mes coéquipiers. Vous vous rappelez du jet d’eau chaude dont je vous ai parlé plus haut ? Et bien sachez qu’il n’envoie pas de l’eau tiède, ni chaude mais de l’eau brûlante et que vous n’avez pas de gants pour vous protéger. Tout le monde s’est soi-disant habitué aux brûlures. Il m’est arrivé de devoir attendre que l’eau refroidisse avant de poursuivre le lavage tellement mes doigts hurlaient de douleur. Encore une perte de temps. Ah et je porte aussi des lunettes ce qui fait qu’avec la buée je ne vois souvent pas grand-chose. Bref vous l’avez compris je déteste ce poste. Vraiment. Je le hais. Plus jamais.

Antoine Delia plonge
Nage droit devant toi
  • Le comptoir

Parlons enfin des choses intéressantes. Avant d’approfondir cette partie, sachez que dans notre restaurant nous avons des bornes automatiques qui permettent aux clients de choisir sa commande directement au lieu de passer par une caisse. Cela fait gagner du temps à tout le monde croyez-moi. Le client peut alors régler par carte en borne ou par espèces à une caisse. Maintenant que vous savez ça, laissez-moi vous présenter les différents rôles lorsque vous êtes au comptoir.

  • La caisse

Ouverte uniquement le midi, c’est ici que nous prenons manuellement la commande des clients. On l’utilise très peu, sauf quand il y a peu de monde. Vous devez alors écouter le client et taper son menu et ensuite l’encaisser avant de finalement monter sa commande.

  • Le multi-paiement

Viennent ici les gens ayant commandé en bornes mais souhaitant régler par espèces ou ticket restaurant. Il faut juste les encaisser avant de monter leur commande. Comme vous le voyez on vient d’économiser une étape.

  • Le delivery

C’est ici que nous préparons les commandes des clients qui ont payé en bornes. Plus besoin de les encaisser, nous pouvons directement commencer la commande.

Comme vous le voyez, il y a différents postes au comptoir qui, au final, sont plus ou moins similaires. En fonction du monde, vous êtes soit seul, soit deux pour préparer une commande, l’un s’occupant de préparer le froid (boissons, desserts…) et l’autre le chaud (sandwichs, frites). Il faut aussi faire attention aux retours des clients : un sandwich trop froid, des frites pas assez salées, une glace à récupérer…

Antoine Delia comptoir
McDonald’s un jour, McDonald’s toujours
  • Les frites

Le poste qui est selon certains le plus dur à gérer tant il faut être rapide et précis. Votre seule mission : préparer des frites et des potatoes. Il faut d’abord plonger des panières dans une cuve afin de les cuire. Ensuite on les sort et on les met dans un endroit spécial les tenant au chaud. Il faut ensuite les mettre dans des sachets, soit petits, soit moyens, soit grands. Cela paraît simple à vue d’œil mais il faut toujours prévoir un stock suffisant car les frites partent très, très, TRÈS vite. Et en sachant qu’il faut trois minutes à une panière pour cuire les frites, il faut toujours prévoir à l’avance. Dernière remarque, il fait chaud. Vous êtes constamment près des cuves pour chauffer les frites et vous ne manquerez pas de prendre un coup de soleil sous peu.

Antoine Delia frites
J’ai la frite
  • Le drive

Nous finissons en beauté avec mon poste préféré. Vous êtes équipé d’un casque où vous pouvez parler avec les deux lignes du drive (pas en même temps bien sûr). Dès qu’une voiture arrive, vous entendez un bip vous indiquant qu’il y a un client. Il faut alors prendre sa commande. Petit anecdote : nous avons des caméras qui filment votre tête lorsque vous passez commande et nous vous voyons. Alors attention à la tête que vous faites ! Ensuite il faut inviter le client à passer au prochain guichet pour l’encaisser et enfin au dernier guichet pour qu’il puisse retirer sa commande. Je tiens à le préciser car il m’est arrivé de voir des gens payer et partir sans leur commande. Je ne saurais pas dire pourquoi j’aime ce poste. Entre les clients qui demandent des commandes à rallonge, le bruit du micro qui rend la voix des personnes inaudibles et le bruit permanent des bips dans le casque, on pourrait trouver cela énervant. Mais bizarrement cela ne me gêne pas. Je pense que cela rend la tâche moins répétitive et banale, ce qui est la hantise de tout travailleur McDonald’s.

Antoine Delia drive
Même le Drive de Ryan Gosling n’est pas aussi bon

Vous connaissez maintenant tous les postes que j’ai exercés pendant mon travail au McDonald’s. J’ai également pu me familiariser un peu avec le McCafé en faisant un expresso et un ristretto. Je suis aussi allé en cuisine afin de cuisiner mon propre Big-Mac ! Je suis content de pouvoir dire que j’ai fait autant de choses.

Le samedi 10 juin 2017 était mon dernier jour de travail. Après ces trois mois de McDonald’s, j’ai pu travailler avec des co-équipiers très sympathiques et avec qui j’ai bien rigolé. J’ai pu découvrir les coulisses d’un fast-food et acquérir à la fois une expérience personnelle et professionnelle. Au final je n’en tire que du positif, et il n’est pas exclu que je revienne travailler ici dans un futur proche… En attendant, je retourne de l’autre côté du comptoir pour redevenir un simple client !

Taxi driver

Taxi driver

Si j’avais demandé aux gens ce qu’ils voulaient, ils auraient répondu des chevaux plus rapides – Henry Ford

Lorsqu’il s’agit de se déplacer, l’Homme a toujours été très imaginatif. Que ce soit en bateau, en calèche ou en montgolfière, tout est bon à prendre pour aller d’un point A à un point B. Avec l’apparition des voitures, notre quotidien a été bouleversé à tel point que nous parcourons en moyenne 4500 kilomètres par an contre 1500 il y a 150 ans. Ce mode de transport est devenu un indispensable aujourd’hui jusqu’au point où presque chaque personne en possède au minimum une. Elle est aussi très présente dans la culture populaire comme par exemple dans Retour vers le futur ou encore dans Fast & Furious (ai-je vraiment osé mettre ces deux films dans la même phrase ?). Toutefois n’importe qui ne peut pas conduire un tel engin. En effet vous n’êtes pas sans savoir que pour pouvoir être au volant de ce véhicule il faut obtenir un permis de conduire, uniquement accessible après avoir acquis le code de la route.

Delorean
La Delorean

Laissez-moi vous raconter brièvement mon passage du permis de conduire. Après avoir obtenu avec brio mon code et passé 22 heures de conduite en auto-école, me voici enfin au jour fatidique qui décidera si je suis apte à me déplacer dans un véhicule motorisé. Après plusieurs heures d’attente, me voici enfin à la place du conducteur avec une monitrice me rappelant les consignes de l’examen. Installation à bord du véhicule, démarrage du moteur et vérification des témoins lumineux, tout est prêt pour cette balade en ville d’environ trente minutes.

Pour ceux qui ne seraient plus familier avec l’examen du permis de conduire, laissez-moi vous faire un petit rappel du déroulement de l’épreuve :

  • Circulation en ville
  • Deux questions concernant l’intérieur et l’extérieur du véhicule
  • Deux manœuvres
  • Conduite en autonomie

Je m’étais bien préparé à l’avance en m’entraînant à réaliser les différentes manœuvres attendues et à réviser toutes les questions possibles. Le début de l’examen se passe sans encombre, je conduis prudemment en contrôlant mes rétroviseurs et angles morts. Nous allons maintenant dans une rue où l’examinatrice me demande de faire un demi-tour. Ni une ni deux, je m’exécute et j’effectue le plus beau demi-tour de ma carrière de pilote et nous repartons.

antoine delia pilote
Un véritable pilote

Et c’est là que les choses commencent à se compliquer. Arrivé à un cédez le passage, je vois une voiture sur la droite, mais celle-ci a mis son clignotant pour tourner dans la rue d’avant. Je décide donc de m’engager puisque cette situation me paraît sans danger. Mais j’ai alors une remarque de l’examinatrice me disant qu’elle aurait préféré que j’attende afin d’être sûr que l’autre automobiliste tourne effectivement dans la rue d’avant. Aïe première remarque. Cependant elle n’a pas touché ni au volant ni aux pédales, je suppose donc que j’ai encore mes chances. Nous voici maintenant dans une descente en ville et je ne fais pas attention au compteur qui monte dans les 60km/h. Aïe aïe, je m’empresse de ralentir en espérant que cela n’a pas alerté l’examinatrice. Nous repartons maintenant vers le parking du début. J’entre dedans en seconde et assez vite ce qui me vaut une autre remarque. Aïe aïe aïe tout ça n’est pas très bon, j’espère me rattraper avec les questions !

« Bien merci beaucoup, bonne journée« . J’ai d’abord cru à une blague et je suis resté là, sans bouger. « Vous pouvez y aller, merci« . Je sors alors de la voiture sans voix, le regard vide. La session n’a duré que vingt minutes, il doit y avoir un problème. Aurais-je raté mon permis ? Je me voyais déjà devant le site internet avec la mention « NON ADMIS » sur le papier du permis, avec un autre onglet consultant les vélos sur le bon coin et encore un sur le site de Tisséo à me renseigner sur les offres de bus et métro.

antoine delia conduite
Réaction en direct du centre d’examen

Finalement j’ai bel et bien obtenu mon permis de conduire avec une note de 23/31 et cela fait un an que je conduis tel un pilote, tout en respectant le code de la route à la lettre.